Situation de crise. Les Etats-Unis interpellent !

(01-12-2010) - Dans un communiqué, l'Ambassade des Etats-Unis à Madagascar, lance un appel aux autorités au respect des droits civiques.

Eric Stromayer,Chargé
d'Affaires de l'Ambassade
des Etats-Unis à Madagascar
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Le Gouvernement Américain est préoccupé par la récente succession de répression politique et la détérioration de l’environnement des droits civiques et politiques à Madagascar, dont notamment les arrestations des dirigeants de l’opposition, les menaces à l’encontre des organes de presse et des journalistes, et le refus d’accorder aux citoyens Malagasy le droit à une manifestation pacifique. Les droits universels doivent être respectés nonobstant l’urgence politique. Nous avons des préoccupations particulières sur les actes récemment pris par le régime de la HAT qui portent atteinte au:

- droit à la liberté de rassemblement pacifique et d’association;

- droit à la liberté d’expression et la liberté de la presse;

- droit à la liberté par rapport à l’arrestation ou détention arbitraire, y compris ce que certains appellent “détention préventive;”

- droit à un procès équitable selon la loi, y compris le droit d’avoir un conseil;

- droit de ne pas faire l’objet de torture ou d’un quelconque traitement ou punition inhumaine ou dégradant(e).

Vers mi-novembre, les autorités de la HAT ont arrêté des dirigeants célèbres de l’opposition, ont détenus ces derniers plusieurs jours dans un endroit inconnu et sans accès à un conseil légal. Par occasions, les autorités ont constamment empêché à tout groupe de l’opposition de tenir des manifestations pacifiques avant et après le référendum du 17 novembre, étouffant ainsi la liberté de parole et d’expression. Nous sommes préoccupés par les menaces exprimées par le régime de la HAT de fermer les organes de presse qui rapportent des informations non favorables au régime; cela survient après une série d’actions préoccupantes du régime avec la fermeture de stations radio et l’arrestation des membres du personnel vers le début de cette année.

Au vu de ces incidents, et bien d’autres, le rapport de la Liberty House sur la Liberté de presse pour 2010 a indiqué une détérioration considérable des droits des journalistes et des organes de presse de rapporter librement des nouvelles et des informations à Madagascar. Nous sommes aussi troublés par des rapports indiquant des arrestations arbitraires, et des mauvais traitements sévères subis par certains individus arrêtés au cours du week-end du 20-21 novembre relativement aux événements du 17-20 novembre à la BANI.

Nous lançons un appel à l’endroit du régime de la HAT et à tous les autres acteurs à Madagascar pour s’assurer que les individus en détention puissent bénéficier d’un procès équitable et accéder à des soins médicaux. Nous exhortons aussi le régime de la HAT et ses forces de l’ordre à cesser toute intimidation ou censure à l’endroit de la presse et des acteurs politiques de l’opposition.

Les Etats-Unis sont préoccupés par le harcèlement constant contre les voix des dissidents politiques et les journalistes à Madagascar, et tiens à rappeler au régime de la HAT ses obligations de respecter les droits de l’homme, y compris les libertés de rassemblement et de la presse. Ces droits sont garantis dans la constitution de Madagascar et assurés par la loi et la tradition Malagasy. Il faut préserver ces droits pour que tous les citoyens Malagasy puissent s’engager dans un dialogue inclusif, consensuel et démocratique, nécessaires pour que Madagascar puisse réussir sa transition vers l’avènement d’une société démocratique.