Nécrologie d’une démocratie moribonde

Que peut-on espérer, et attendre d’un régime qui ne tient pas parole ? De ses promesses sur la place de la démocratie, son passage sur la place du 13 mai jusqu’à Ambohitsorohitra, le chemin de la Haute Autorité de la Transition et de son Chef d’orchestre est pavé de promesses bafouées… En décembre dernier, le peuple s’est révolté contre l’unilatéralisme, le monopole et la dilapidation des richesses de Madagascar… Depuis le départ de Marc Ravalomanana, on assiste à une recrudescence multilatérale de cette dilapidation et d’une croissance exponentielle de l’érosion du patrimoine… La dernière des promesses en date est, paraît-il, une élection « libre » et « transparente ». Excusez du peu ! Une élection décidée unilatéralement, et en totale contradiction avec les Accords concernant le retour à la normalité constitutionnelle que Andry Rajoelina – en personne – a paraphés et signés… puis reniés !

Une opportunité unique vilipendée

Le contenu de ces Accords – que la HAT est en train de bafouer – offre pourtant à Madagascar, pour la première fois de son histoire, l’occasion d’organiser des élections effectivement plurielles, de fonder une Constitution qui ne sera pas faite au portrait robot d’un adversaire… Oui, un espoir de fonder une Constitution, une vraie ! Ces Accords ont dessiné les premiers traits d’une VIème République qui donnera enfin la voix au peuple malgache. Laisser passer cette occasion c’est condamner Madagascar à repartir dans un cycle infernal où le seul moyen d’exister, de s’exprimer, et de se faire entendre est la descente dans la rue, sur la tristement célèbre place du 13 mai …

Comment peut-on imaginer un seul instant ?

Oui, il y a bien eu des assises nationales et consultations à portes semi closes mais elles n’étaient que des théâtres pseudo-démocratiques, et qui se font vaudevilles et spectacles de guignols aux ficelles d’acier et aux relents de gaz lacrymogènes. Alors, comment peut-on imaginer un seul instant accepter des « élections » décidées unilatéralement et préparées uniquement par la HAT et y mettre le label « démocratie », en sachant pertinemment que les résultats sont connus d’avance ?

Comment peut-on imaginer un seul instant accepter des élections où la « voix » du peuple, en ombre chinoise, n’est appelée à « s’exprimer » que pour calmer la communauté internationale et pour faire revenir des financements qui n’arriveront pas à leur destinataires ?

Au-delà des signatures parjurées, et des manœuvres protégeant uniquement les intérêts individuels des dirigeants de la HAT et certainement pas ceux du peuple… les faits n’inspirent point confiance et alertent : « le jour de l’élection de la HAT, si élection il y a, sera la mise en bière et l’enterrement de la démocratie ! Et nul ne sait, combien de décennies il nous faudra encore pour qu’elle soit ressuscitée !!!»


Mesdames, mesdemoiselles, messieurs : Les faits

Tout d’abord, « La force du changement » dont se targue la HAT n’est autre que 90% des anciens acolytes de celui-là même qu’ils ont reversé. Les cerveaux qui conseillent et qui oeuvrent à la HAT ne sont autres que les perturbateurs professionnels de la République depuis 1958.

Brimer encore plus les libertés individuelles

Sous l’étendard de la démocratie, la HAT et ses alliés se sont emparés du pouvoir pour prouver, juste, en une année qu’ils étaient capables de brimer encore plus les libertés individuelles :

-          non respect de la Déclaration universelle des Droits de l’homme en interdisant des ressortissants malgaches de fouler leur sol natal,

-          emprisonnement à tour de bras tous ceux qui osent élever la voix contre leurs agissements,

-          et répression par la force de toute manifestation d’opinion.

Tout s’obtient par la force

Il n’y a plus ni sécurité de l’emploi, ni sécurité des biens, ni sécurité individuelle… Le pouvoir autoproclamé/putschiste a donné l’exemple du « prendre par la force » et la Force du Changement nous force vers un changement par la force. Tout s’obtient par la force !!!

La criminalité ne se cantonne plus à être un phénomène citadin mais se répand sur toute l’île dans les villages qui n’avaient pas connu de crime autre que de menus larcins.

L’exemple vient d’en haut, car les premiers bandits de grand chemin sont ceux qui rackettent tous ceux qui passent et qui se font assassins par leur inaction face à ces faits sociaux qui se sont amplifiés «grâce » à leur présence. Sur le banc des accusés aussi le manque de direction du pouvoir, l’absence de rigueur et sa complicité en armant des criminels. Et, la cerise sur le gâteau, c’est cette justice qui se fait l’instrument de ces gens de peu de foi…

Devant la tentation de l’inaction par le désespoir, nous avons saisi le clavier comme dernier rempart… ne voulant point participer au meurtre pernicieux prémédité de notre jeune démocratie, nous lançons un appel : « Attention danger ! Oui, les faits nous le prouvent, leurs actions sont un danger, les élections de la HAT sont un danger pour notre pays ! »


Osons, Revendiquons !!!

Et nous revendiquons que notre pays mérite mieux, pas uniquement en terme de démocratie, mais en matière économique et sociale…

Assez de véreux corrompus, de sous doués affamés et d’hommes d’affaires qui voient en Madagascar uniquement leur vache à lait…

Mise à part la grogne des enseignants pour la réduction de leurs indemnités, des médecins, et le délabrement du système médical dans toute l’île, hormis les problèmes financiers que subit toute l’administration, il est une chose qu’on ne peut se permettre en terme d’éducation c’est de donner l’exemple aux générations à venir d’encore un autre Chef d’état qui se soucie des études comme de son dernier CD.

Il faut arrêter de mettre des véreux corrompus, des sous doués affamés à la tête du pays et encore moins des hommes d’affaires qui savent plus ou moins faire marcher leur entreprise et qui, par la suite, prennent le pays pour leur succursale, font des ressources nationales leur vache à lait et considèrent le peuple comme leurs consommateurs.

Bonnet d’âne pour les cancres de l’économie et de la gestion qui calculent par le bas et ne connaissent que la table de multiplication par moi. Quand à l’autorité sur ceux qu’ils gouvernent, il n’y a qu’à voir comment a fait un certain sergent devenu führer en Allemagne ou un caporal qui s’est fait couronner empereur en Ouganda…

Madagascar est un pays riche de son sous-sol jusqu’aux êtres qui le peuplent. On n’est pas dépourvus de gens biens qui ont la matière grise et la velléité de servir leur pays en sachant que « la dignité qu’on leur confère est une servitude qu’on leur impose. »

Il en va de notre responsabilité à tous de nous lever, d’appeler, de nommer ou de montrer ceux ou celles qui sauront accomplir cette tâche sans devenir une tache.


Bref !!!

Bref, si le temps est à l’enterrement, ce n’est certainement pas notre jeune démocratie qu’il faut inhumer à coup de semblants d’élections !!! Aussi mourante soit-elle, la démocratie est un des domaines dans lequel l'acharnement thérapeutique est indispensable, il faut la sauver !!!

Ce sont les pratiques d’un autre temps, portés par des vieux professionnels spécialisés dans les autoproclamations, la manipulation, la désinformation et autres calamités, et des jeunes avides de pouvoir, d’honneur et d’argent qu’il faut penser à enterrer, trente six mille pieds sous terre comme dirait l’autre…