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Madagascar : toute une histoire !
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Madagascar: toute une histoire


Madagascar est certes une île, mais son histoire a été influencée par celle du monde ! Son histoire, la grande île l’a subie, mais elle s’est aussi battue pour. Tout au long des siècles, les choix de son peuple sont empreints de liberté et de Fihavanana.

Comme pour tous les autres pays composant le « grand village globalisé » qu’est devenu le monde, cette histoire n’est pas finie… Loin de là et pas pour les raisons que l'on croit. D’un côté, certains éléments du passé semblent toujours vouloir faire partie du présent. Certaines décisions prises, certains pas accomplis d’antan semblent vouloir s'imposer, et dicter l’avenir : « la dépendance au sentier » ! Et d’un autre, des hommes et des femmes, malgaches ou non, à travers des idées ou des politiques en donnent une autre vision, une autre direction… Bref, Madagascar, c’est toute une histoire…

Une seule certitude accompagne notre tentative de la partager : elle n’est point exhaustive !

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A – De l’Immigration des Indonésiens bantouisés ou Vazimba à la formation de la plupart des groupes humains malgaches

B – Du Portugais Diego Dias au Français Misson…

C – Du Roi Ratsimilaho, fils de pirate anglais, à sa fille Béti qui céda aux Français l’île Sainte-Marie…

D – De la persistance des visées françaises à l’expérience de colonisation, en passant par la formation du fokonolona

E – Du Complot de la « Vy Vato Sakelika » sur fond de désir d’indépendance à la Communauté de De Gaulle

F – De l’adoption de la Constitution la République malgache au premier « 13 mai », en 1972

G – De la nouvelle organisation constitutionnelle de 1972 à… la proclamation de la République démocratique de Madagascar

H – Des premières explorations pétrolières au début des négociations pour le nickel… en passant par les premières privatisations des années 1980

I – De la concertation nationale à l’alternance démocratique : Didier Ratsiraka président s’incline devant Albert Zafy, père de la 3ème République maintenant appelée République de Madagascar !

J – De la forte dévaluation de la monnaie à l’empêchement du Président Albert Zafy : ses compagnons d’hier deviennent ses bourreaux…

K – « Sorti par les urnes, il revient par les urnes »… Du retour de Didier Ratsiraka aux deux investitures de Marc Ravalomanana : le fléau de l’auto-proclamation

L – Du deuxième mandat de Marc Ravalomanana 2006 à l’auto-proclamation d’Andry Rajoelina en 2009… Ou quand Madagascar paie le rejet d’un second tour en 2002

M – De la mauvaise gouvernance à l’entêtement de ses gouvernants à imposer leur régime illégal : Madagascar condamné à un avenir sombre, la démocratie fortement menacée !!!


A – De l’Immigration des Indonésiens bantouisés ou Vazimba à la formation de la plupart des groupes humains malgaches


Nous sommes à une date dont l’histoire n’est pas certaine[1] mais elle a retenu l’essentiel, à cette époque, les Indonésiens bantouisés ou Vazimba ont immigré dans l’Ouest et le Nord-Est de Madagascar, et ils se sont dispersés d’Ouest en Est. Suivirent d’autres immigrations tout aussi capitales qui aboutiront vers le XVIe siècle à la formation de la plupart des groupes humains à Madagascar… Toute une histoire !

[1]Il est possible que le premier peuplement, dit proto-malgache, ait eu lieu vers la fin du Ier millénaire.

VIII-IXe siècle : Fondation de Comptoirs Arabes sur la Côte Nord-Ouest.

IX-Xe siècle : Immigration Arabes (Ismaéliens & Zéidites) à Vohemar.

X-XIe siècle : Immigration Malaise dans la Baie d’Antongil.

XII-XIVe siècle : Une seconde vague d'immigrants venant d'Indonésie (via les Maldives ?) s'installe dans l'île pour y laisser une empreinte très forte.

XIII-XIVe siècle : Installation des Vazimba du Betsileo.

XIVe siècle : Infiltration des Immigrés de la Baie d’Antongil en Imerina.

Début XVe siècle : Institution du Fanjakana Ifanoavana en Imerina. Cinq Générations de Dynastie Merina se succèdent à Ambohimasimbola (Ampandrana).

Milieu du XVe siècle : Arrivée de Ramakararo et de ses Compagnons, Ancêtres des Antemoro, à Vohemar. Arrivée des Karimbola (Beloha) et des Mahandrovato (Ambovombe) en Androy. Vie clanique. Émigration d’Ismaéliens (Zafiraminia) et de Zéidites (Onjatsy) de Vohemar à l’estuaire de la Matitànana. Vie clanique en pays Antambahoaka.

Vers 1475 : Émigration de Ramakararo et de ses Compagnons à l’estuaire de Matitànana. Émigration de Zafiraminia et d’Onjatsy en Anosy et dans la Région d’Ivohibe. Émigration d’Arabisés (Iarivo) du Sud-Est dans le Betsileo.

XVIe siècle : Les Roandriana sont signalés à Anosy. Formation de la plupart des groupes humains malgaches.


B – Du Portugais Diego Dias au Français Misson…


Nous sommes en 1500, le 10 août, le Portugais Diego Dias découvre la grande île, qui reçoit alors le nom d’île Saint-Laurent. Suivirent, alors plusieurs tentatives d’implantations, et de colonisation. Les côtes malgaches sont visitées, habitées, délaissées, de nouveau fréquentées… Traités de commerce et protectorats voient le jour… Vers la fin du XVIIe, la baie de Diégo Suarez accueillera la toute première et éphémère République égalitaire de Libertalia, fondée un Français du nom de Misson… Toute une histoire !

1500 – 1540 : Rangita et Rafohy instituent le Fanjakana Arinda à Merimanjaka.

1527 : Naufrage d’un navire portugais dans la baie de Ranofotsy. Des Portugais tentent de s’installer à Fort-Dauphin. Éclatement du groupe humain de la dépression d’Ivohibe. Ramarohala fonde le Royaume d’Anteony.

1540 – 1575 : Andriamanelo fait des incursions sur la Rive Droite de l’Ikopa. Rambo, fils ainé, de Ramarohala émigre en pays Tanala. Vie clanique sous les Filoha et les Filohabe en pays Betsimisaraka. Des navires portugais fréquentent les estuaires des fleuves Antesaka. Arrivée des Maroseranana en pays Mahafaly. Vie clanique en pays Mahafaly… Andriamandazoala étend son autorité jusqu’au grand Mangoky, et fonde Bengy sur les rives du Sakalava. Andriamandazoala contrôle l’Ouest jusqu’à Mahazoarivo. Le Royaume du Menabe est fondé… Chroniques et documents de Navigateurs Européens commencent à parler abondamment de Madagascar.

Fin du XVIe siècle : Tentatives d'implantation hollandaise.

1575 – 1610 : Règne de Ralambo en Imerina. Incursions Sihanaka, Bezanozano, et Ontaiva à la frontière orientale de l’Imerina. Ralambo étend son autorité sur le Vakiniadiana, proclame le Fanjakan’Imerina Ambaniandro, et institue une hiérarchie nobiliaire… Andriambolanony et Isoro (Antefasy et Zafisoro) quittent l’estuaire du Manambovo pour émigrer en direction du Nord-Est. Des émigrants venus des pays voisins s’installent en pays Sihanaka, et s’ajoutent à la population en place… Des Bara commencent à quitter la dépression d’Ivohibe.

XVII siècle : Le roi des Merina, Andrianjaka, repousse les Vazimba du plateau d'Imerina et fonde Tananarive (Antananarivo)… Les navires de commerce européens font de la magnifique baie d’Anantsoño, ou Saint-Augustin, située à 37 km au sud de Toliara, une escale de choix sur la route des Indes.

1613 : Luiz Mariano essaie de conclure un traité avec le roi Mahafaly Andriamasilalina Andrianjaka s’empare d’Analamanga (Futur Antananarivo). Lutte entre les Filoha Betsimisaraka pour avoir le commerce avec les commandants des bateaux européens. Andriampianarana institue un code de sept articles dans le Lalangina. Les descendants d’Amdriambolanony forment la dynastie qui règne sur le petit royaume Antefasy. Des Européens s’installent sur la Côte Est.

26 juin 1638 : L’explorateur François Cauche est le premier Français à visiter Antomboka ou Antsiranana. Il avait été déposé à Madagascar par une expédition que dirigeait le Capitaine Allonse Goubert.

1642 : Le Hollandais Van den Stel conclut un traité de commerce et de protectorat avec un Filoha de la Baie d’Antongil.

1642 : Les Français Pronis et Foucquembourg, commis de la Compagnie des Indes, s’installent sur la côte sud-est. Sur l’ordre de Richelieu, ils fondent Fort-Dauphin, une année après, comme escale sur la route des Indes. Louis XIII, avait signé le 28 juin 1642, des lettres patentes, concédant à cette compagnie, pour une durée de dix ans, le privilège exclusif de coloniser et de commercer dans l'île Dauphine et les îles adjacentes, à la seule charge d'en prendre possession au nom du roi. Louis XIV confirma ces lettres patentes le 20 septembre 1643. C'est là la base des droits que s'arrogera la France sur Madagascar.

1644 : 140 pères pèlerins, semblables à ceux du Mayflower, établissent un fort à Anantsoño ou Saint Augustin.

1645 : Tentative de colonisation menée par l’Anglais John Smart. Après l’échec Britannique, il ne reste que 12 survivants qui repartent en Angleterre, Anantsoño ou Saint Augustin devint une base de ravitaillement pour les pirates et les négriers européens tels le « Malouin » Surcouf.

1648 : Andriamanely règne sur le Bara. Étienne de Flacourt arrive à Fort-Dauphin pour remplacer Pronis, mauvais administrateur qui s'aliéna les sympathies des habitants. De Flacourt s’avère être un administrateur intègre, mais brutal avec les populations locales.

1649 : Le Roi Zafindravola Andriamanaga règne sur les Masikoro. Expédition du Roi Bara Andriamanely contre le Roi Mahafaly Andriandravalo.

22 Janvier 1651 : Andriandramaka échoue dans sa tentative de s’emparer de Fort-Dauphin. Ralambo (Betsileo) fonde le Royaume de l’Isandra.

Andriandahifotsy étend le Royaume de Menabe au Nord jusqu’au Manambolo ; sa prépondérance sur ses voisins Andraivola et Zafimanely. Description de l'Arindrano par Flacourt. Raonindranarivo partage le Lalangina en 4 provinces.

1664 : La nouvelle Compagnie des Indes orientales, fondée par Colbert, se tourne surtout vers l’Inde et se désintéresse de l’établissement de Madagascar.

1672 : Après le massacre de la garnison de Fort-Dauphin, les survivants s’embarquent pour l’île Bourbon [actuelle île de La Réunion], alors déserte…

1674 : Le pays Tsimihety reçoit ses premiers émigrés (Antivohilava) en provenance de l’Est. Règne de Fizeha (Antesaka) à l’Est de la dépression d’Ivohibe. Avènement d’Andriamasinavalona en Imerina. Andriamasinavalona partage son royaume entre 4 de ses fils.

1680 ou 1685 : Mort d’Andriandahifotsy… Andriamandisoarivo, entreprend la formation du Royaume du Boina, et ses incursions en pays Tsimihety, Sihanaka, Bezanozano et Merina. Émigration d’Andriamarolo (Rabehavana) des environs de la plaine d’Ivohibe à la Côte.

4 juin 1686 : Un arrêt du Conseil de Louis XIV réunit solennellement Madagascar au domaine de la couronne. Cette réunion fut confirmée par les édits de mai 1719, juillet 1720 et juin 1721. Toutefois le désastre de 1672 avait été tel que, pendant près d'un siècle, on ne fit rien de Madagascar.

Dès la fin du XVIIe siècle : Des pirates français et anglais, souvent repliés de l’Atlantique, fréquentent les côtes malgaches (surtout l’île Sainte-Marie et la baie d’Antongil). Le Français Misson fonde (vers 1693 ?) l’éphémère République égalitaire de Libertalia, installée dans la baie de Diégo-Suarez.


C - Du Roi Ratsimilaho, fils de pirate anglais, à sa fille Béti qui céda aux Français l’île Sainte-Marie…

Nous sommes au début du XVIIIe siècle, Ratsimilaho, fils métis du pirate anglais Tom Tew, fonde, sur la côte est, le royaume des Betsimisaraka (« les nombreux inséparables »). Suivirent alors le règne de plusieurs souverains. Apparaissent, les guerres, les réconciliations… Royaumes, groupements et/ou régions se font et se défont… L’île Sainte-Marie fut cédée par Béti, la fille de Ratsimilaho, à la France, illustration de la persistance des visées françaises sur la grande île, écrit-on… Toute une histoire !

1675 (?)-1710 (?) : règne d’Andriamasinavalona, qui laisse le souvenir d’un des plus grands rois de l’Imerina. Il agrandit le royaume et réorganise son administration, en le partageant en quatre grandes régions. Mais il a mis à la tête de chacune d’elles l’un de ses fils. Dès avant la mort du roi, la partition du royaume se dessine, et au XVIIIe siècle, l’Imerina est divisé en quatre royaumes qui se combattent et sont victimes des razzias des voisins, Sakalava et Sihanaka.

XVIIIe siècle : Andriamanetriarivo s’efforce de consolider le Royaume du Menabe. Andriamanalimbe étend le Royaume de l’Isandra à l’Est. Prospérité de l’Isandra. Des Sakalava, Zafimbolafotsy, émigre en pays Tsimihety.

1710 : Mort d’Andriamandisoarivo. Mort d’Andriamasinavalona. Guerres civiles en Imerina jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Raonimanalina réforme l’administration et développe l’armée et le commerce dans le Lalangina. Guerres presque permanentes entre les Mahafaly et leurs voisins Sakalava et Antandroy. Les successeurs d’Andriamanetriarivo développent le système féodal. L’Anosy est partagé entre de nombreux chefs locaux. Captivité de Drury en Anosy. Le Roi Antesaka Andriamarolo s’empare de Vangaindrano. Ramanano Filohabe des Betsimisaraka du Sud ouvre les hostilités contre les Betsimisaraka du Nord, et s’empare de Fenerivo. Ramaromanompo est nommé Commandant en Chef des Betsimisaraka du Nord et forme le projet de confédérer les Betsimisaraka. Victoire de Ramaromanompo à Fenerivo et à Vohimasina. Campagne de Ramaromanompo chez les Betsimisaraka du Sud. Les Mahamasinandriana renversent Andrianonifoloalina et le remplacent par son frère. Andrianonindranarivo dans la Lalangina. Andrianihevanarivo, du Menabe, oblige Andriantsirotso de Tankarana à abandonner son Royaume… Andrianonindranarivo rétablit les privilèges des Mahamasinandriana et accroît la prospérité et le prestige du Lalangina.

Au cours du XVIIIe siècle : d’autres groupements malgaches manifestent leur cohésion : les quatre royaumes Betsileo, au sud de l’Imerina ; l’Imamo et le Vakinankaratra, deux royaumes d’origine Hova, à l’ouest et au sud du pays Merina ; les Tsimihety (dont le nom – « ceux qui ne se coupent pas les cheveux » - atteste peut-être le goût de la liberté), installés au nord-est de l’île.

1750 : La cession de l’île Sainte-Marie à la France (par la reine Béti, fille de Ratsimilaho) souligne la persistance des visées françaises sur la grande île.

1751 : Mort de Ramaromaompo… Le système féodal entraîne la dislocation et l’affaiblissement du Royaume du Boina.

1767 : Zanahary, successeur de Ramaromanompo, est assassiné par ses sujets. Lamboina règne sur le pays Tankarana.


D – De la persistance des visées françaises à l’expérience de colonisation, en passant par la formation du fokonolona

Nous sommes au milieu du XVIIIe siècle, le comte de Modave tente de réanimer l’établissement de Fort-Dauphin, dans une expérience de colonisation inspirée des principes des philosophes. Suivirent alors d’autres expériences particulières : réaffirmer l’autorité du roi de France, l’Imerina foulé par un Européen, usurpation de trône pour régner et unifier… Madagascar connaîtra son premier Roi de par un Traité anglo-malgache !!! Et plus tard la stabilité de ce royaume amènera un premier Ministre, Rainilaiarivony à épouser trois reines. Mais, « trois mariages et beaucoup d’enterrements » ne suffiront pas à contrer la colonisation… En 1857, la royauté est abolie, l’Angleterre a auparavant reconnu le protectorat français pour le dossier portant le nom de Madagascar… Mais cette époque a aussi vu la naissance d’une unité administrative qui marquera la grande île : le fokonolonaToute une histoire !

1774-1786 : Un aventurier, le baron Mauritius de Benyowski, qui s’était fait octroyer la mission officielle de réaffirmer l’autorité du roi de France sur Madagascar, s’installe à la baie d’Antongil. Il se fait proclamer " empereur de Madagascar ".Il est finalement tué par un détachement envoyé de l’île de France, où l’on s’inquiétait de ses manœuvres. Cependant Benyowski a favorisé les voyages de traitants français vers l’intérieur. Nicolas Mayeur accomplit plusieurs voyages, en 1774, 1777, 1785 : il fut le premier Européen à pénétrer en Imerina.

7 juillet 1775 : Nicolas Mayeur conclu avec le roi des Antakarana Lamboeny au village et port d’Ambodibonera, une alliance de protection contre les attaques des Sakalava de Boeny.

1780 : Le pouvoir passe aux femmes avec Ravahiny dans le Boina. Avènement de Raindratsara. Il partage le Lalangina en 3 provinces. Incursions Sihanaka et Bezanozano en pays Merina.

Vers 1785 : Le neveu du roi d’Ambohimanga (un des quatre petits souverains de l’Imerina) usurpe le trône et réussit ensuite, par de longues guerres, à éliminer les autres rois et à rétablir l’unité de l’Imerina.Il prend le nom d’Andrinampoinimerina (« le seigneur au cœur de l’Imerina »). Il impose une autorité absolue, établit une administration solide, réorganise l’armée, apporte la prospérité en développant la riziculture (le système des digues est restauré).

Décadence du Lalangina. Le Manandriana se place sous le protectorat Merina. Annexion du Vakinankaratra par Andrianampoinimerina. Andriamanalina III (Isandra), Andriambavizanaka (Lalangina) et Rarivoarindrano (Tsienimparihy) acceptent le protectorat Merina. Andriajomoina (Bezanozano) accepte la suzeraineté Merina.

Les relations avec les traitants européens sont limitées à l’achat de fusils en échange d’esclaves. Le roi étend son domaine royal en soumettant l’Imamo, le Vakinankaratra et trois des royaumes Betsileo. À sa mort, il laisse à son fils la mission de continuer l’unification politique de l’île : « la mer sera la limite de ma rizière », déclare son testament.

 

XIXe siècle : L’expansion Merina menace le Menabe

 

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1807 : Mort de Miakala (Menabe). Mort de Ravahiny (Boina)

1807 – 1834 : Règne de Ramitraho (Menabe)

1810 : Sylvain Roux représente officiellement la France à Tamatave. Mort d’Andrianampoinimerina.

1810-1828 : Radama Ier succède à son père Andrianampoinimerina entreprend de conquérir l’île toute entière aidé par les britanniques.

1815 : Expédition de Radama Ier dans le Vohibato. Le Capitaine Lesage arrive à Antananarivo. Première expédition de Radama Ier sur la Cote Est.

1817 : Il s’empare de Tamatave, 1822 du Menabe ; il contrôle le pays betsimisaraka en 1823, le Boina en 1824 il occupe les royaumes Antaimoro et Antaisaka, le comptoir de Fort-Dauphin et l’extrême-nord. Les Français ne disposent plus que du comptoir de l’île Sainte-Marie (seuls les peuples de la pointe sud de l’île et une partie des Sakalava demeurent indépendants).

1817 et 1820 : Traités anglo-malgaches reconnaissant Radama 1er roi de Madagascar.

1822 – 1832 : Règne d’Andriantsoly (Boina).

1823 : Révolte Générale en Pays Betsimisaraka. Seconde Expédition de Radama Ier sur la Côte Est. Radama Ier dans le Nord de Madagascar. Troisième Expédition de Radama Ier dans le Menabe. Expédition de Radama Ier dans le Boina.

1825 : Révolte Générale dans le Menabe et le Boina.

14 mars 1825 : Ramananolona s’empare de Fort-Dauphin.

1826 - 1861 : Règne de Rajoakarivony Ier (Isandra).

1828 : Retour d’Andriantsoly de Zanzibar. L’anglais Lyall quitte Antananarivo. Gourbeyre s’empare de Tintingue. Fondation de Fianarantsoa. Les Français évacuent Tintingue.

1828-1861 : Ranavalona 1ère, une des épouses de Radama I lui succède grâce au soutien de l’oligarchie des chefs de clans, qui est plutôt hostile aux nouveautés. La reine a une politique très traditionaliste, anti-européenne et antichrétienne. Les missionnaires sont chassés, les chrétiens persécutés.

Fin juillet 1829 : L'ultimatum envoyé à Ranavalona Ière étant resté sans réponse, les Français par expédition commandée par le capitaine de vaisseau Gourbeyre, bombardent Tamatave. L'expédition éprouva devant Foulpointe un échec que ne répara pas la destruction du fort de Pointe à Larrée.

1832 – 1836 : Règne de Oantitsy (Boina).

1834 – 1837 : Règne de Kelisambay (Menabe).

1834 : Raihasy se place sous le Suzaraineté à Mahabo.

1er mars 1835 : Expulsion des Missionnaires d’Antananarivo.

1835 - 1852 : Rainiharo Premier ministre.

1835 : Sous la direction de Jean Laborde, un embryon d’industrialisation se met en place produisant du savon, de la porcelaine, verre, faïence, produits chimiques, soie, etc… Mais aussi des outils en métaux, ainsi que des armes à feu (fusils, canons, poudre, etc.).

1838 ou 1850 : Fondation du Royaume Bara d’Ankazoabo.

1841 : Protectorat français sur Nosy Be

13 Mai 1845 : Une loi de 1845 assujettit les commerçants fixés dans l'île aux mêmes obligations que les sujets Merina ; onze Français et douze Anglais furent expulsés de Tamatave (Toamasina). Expulsion des étrangers de Madagascar.

15 juin 1845 : Bombardement de Tamatave par l’Anglais Kelly et le Français Romains Desfossés. Mais une tentative de débarquement échoua ; la détermination des Merina en fut accrue, et ils massacrèrent les chrétiens indigènes. Madagascar resta pendant huit ans fermé au commerce européen.

1849 : La grande persécution religieuse.

1852 : Rainijohary Premier Ministre. Révolte Tanosy.

1853 : Reprise des relations commerciales entre Madagascar et Maurice.

1854 : L’aventurier Joseph François Lambert se rend à Madagascar

28 juin 1855 : Le Prince Rakoto (futur Roi Radama II) lui aurait signé en secret (selon l’aventurier) la charte Lambert lui conférant tous droits sur les mines, le bois et les terrains non habités. Son traité en main Lambert fit le tour des cours européennes pour avoir de l’aide afin de destituer la reine Ranavalona I. sans aide officielle de Londres ou de Paris, il retourne à Madagascar.

1856 : Ce traité fut révélé au grand jour par le pasteur William Ellis de passage à Antananarivo.

20 juin 1857 : Coup d’état manqué, la reine exécute tous les locaux impliqués et expulse tous les Européens.

1860 : La reine Naharova (Menabe) signe un traité franco–sakalava.

1861-1892 : Règne de Rajoakarivony II (Sandra).

1861-1863 : Radama II fils de Ranavalona 1ere devient Roi. Celui ci va à l'en contre de la politique de sa mère et proclame liberté de pensée et de culte. Il ouvre toutes grandes les portes du royaume aux influences étrangères. Mais, l’oligarchie, inquiète de l’européanisation à marches forcées, fait étrangler le roi (le 12 Mai 1863).

12 septembre 1862 : Traité franco–malgache.

1863 : Le Premier Ministre Raharo révoque le traité Lambert. Son épouse, Rasoherina, succède à Radama II.

1864-1895 : Rainilaiarivony Premier ministre épousa les trois reines (Rasoherina de 1863-1868, Ranavalona II de 1868 à 1883, et Ranavalona III de 1883-1896) et régna à leur place.

27 juin 1865 : Traité anglo–malgache.

2 août 1868 : Proclamation du « Code des 101 articles ».

8 août 1868 : Second traité franco–malgache autorisant les Français à acquérir des terres et stipulant la liberté de l'enseignement catholique. Mais, en même temps, le Premier ministre décrétait l'interdiction de vendre des terres aux étrangers et rendait l'enseignement protestant obligatoire.

1873 : Promulgation du code Betsileo des 118 articles en Isandra.

1876 – 1879 : Réformes militaires.

1878 : Institution des Sakaizambohitra.

1881 : Adoption du « Code des 305 articles » qui, tout en respectant la tradition, introduisait des novations remarquables : réforme de la justice, abolissant le poison d’épreuves ; suppression de la polygamie ; instauration de l’état-civil. Les bases d’un État et d’un gouvernement modernes étaient créées. Des fonctionnaires administraient les villages. L’enseignement, confié aux missions, devenait obligatoire.

13 Mars 1883 : Traité américano-malgache.

19 Mars 1883 : Nouveau traité anglo-malgache.

1883-1885 : Un conflit éclate avec la France. Celle-ci prétend faire respecter des droits anciens, les catholiques dénoncent les anciennes persécutions religieuses, les Réunionnais voient dans la grande île, le lieu idéal de leur expansion. Les Français sous le commandement de l’Amiral Pierre occupent Majunga (15 Mai 1883) et Tamatave (11 Juin 1883).

Le 9 juin 1883 : L'amiral Pierre recevait une réponse négative de la reine à son ultimatum ; le lendemain la ville était bombardée. Sur ces entrefaites, mourut la reine Ranavalo II le 14 juillet.

22 novembre 1883 : La reine Ranavalona III, petite-nièce de Radama Ier, épouse le premier ministre.

1884 : Rénovation des fokonolona.

10 septembre 1885 : La France attaqua les camps retranchés de Farafate, à 6 kilomètres de Tamatave, mais les Merina avaient eu le temps de préparer la résistance, et les Français éprouvèrent un échec.

1884-1885 : Conférence de Berlin, partage de l'Afrique par les Européens

La conférence de Berlin fut l’organisation et la collaboration européenne pour le partage et la division de l’Afrique. Cette conférence débuta le 15 novembre 1884 à Berlin et finit le 26 février 1885. À l'initiative de Bismarck, l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, la France, le Royaume-Uni, l’Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la Russie, la Suède-Norvège et la Turquie ainsi que les États-Unis y participèrent. Une conférence antérieure initialisa le débat sur la conquête des Congos et amorça ainsi le début des luttes coloniales. La conférence de Berlin aboutit donc à édicter les règles officielles de colonisation. L’impact direct sur les colonies fut une vague européenne de signature de traités.

17 Décembre 1885 : Protectorat français sur Madagascar. Le traité de 1885 établit un statut de quasi-protectorat, avec un résident français à Tananarive, qui « préside aux relations extérieures ». L’Angleterre reconnaît le « protectorat français ». La France était représentée par le contre-amiral Miot et Patrimonio ; la reine de Madagascar l'était par un sujet anglais, Digby Willoughby, commandant des troupes malgaches.

14 mai 1886 : Le premier résident général, Le Myre de Vilers, arrive à Tananarive.

15 septembre 1887 : Inauguration d'une ligne télégraphique de Tamatave à Tananarive obtenu par Le Myre de Vilers gâce à la concession d'un emprunt de la France à Madagascar. Sur les 15 millions prêtés par le Comptoir d'escompte de Paris, 10 furent versés au gouvernement français pour le paiement de la contribution de guerre. Le consul d'Angleterre ayant demandé l'exequatur, non au résident général, conformément au traité, mais au premier ministre, celui-ci opposa des fins de non-recevoir à Le Myre de Vilers ; le résident amena son pavillon, ce qui rétablit la bonne entente.

Janvier 1890 : Prise de Soalary par le prince Ramahatra.

5 août 1890 : Accord franco-anglais sur le partage de Madagascar et de Zanzibar.

En 1890 : Le Premier ministre Rainilaiarivony défend l’intégrité de son pouvoir. Le désordre gagne, d’autant plus que la France encourage le séparatisme des Sakalava (dès 1841, l’île de Nosy Be s’était placée sous la protection de la France).

1894 : Après un ultimatum adressé au Premier ministre, la Chambre des Députés française vote une expédition militaire.

12 décembre 1894 : Prise de Tamatave par le commandant Bienaimé.

14 janvier 1895 : Débarquement à Majunga des troupes françaises du Commandant Bienaimé. La marche vers la capitale Merina est considérablement ralentie par la mauvaise organisation de l’expédition et par les fièvres (6 000 morts sur les 15 000 du corps expéditionnaire).

6 mai 1895 : Le général Duchesne, commandant en chef du corps expéditionnaire, débarque à Majunga où il établit son quartier général.

9 juin 1895 : La première brigade occupe Mevatanane et Suberbieville. Ainsi se termine la première partie de la campagne de Madagascar.

28 juin 1895 : Le général Rainianjalahy livre la bataille de Tsarasaotra poste avancé français à 20 km au Sud de Mevatanana. Le commandant Lentonnet les repoussa plusieurs milliers de Merina qui les attaquaient. Le général Metzinger arriva à Tsarasaotra dans la soirée et attaqua à son tour les Merina, qui occupaient la mont Beritza, à 10 km, à l'Est de Tsarasaotra. La position fut enlevée et les Merina, rejetés dans les ravins, éprouvèrent de grandes pertes ; les Français s'en tiraient avec seulement 2 tués et 45 blessés. Grâce à cette victoire, ils étaient maîtres de la ligne de faîte qui sépare le bassin de l'Ikopa de celui de son affluent, le Betsiboka.

27 août 1895 : Bataille d’Andriba.

30 septembre 1895 : Tananarive est occupée, le Premier ministre est déporté en octobre 1895, la reine maintenue sous la tutelle d’un protectorat effectif. Mais le chaos gagne le pays. Les peuples soumis par les Merina s’émancipent. Une insurrection populaire (le mouvement des Menalamba) embrase les campagnes, au nom de la tradition, contre les innovations modernistes et la mainmise étrangère.

1er octobre 1895 : « Protectorat ». Le traité enlève à la monarchie tout pouvoir au profit du Résident Général. Les affaires malgaches sont désormais sous l’autorité du ministre des Affaires étrangères de la France.

Novembre 1895 : Deux mois à peine après la capitulation de Ranavalona III, l'insurrection qui avait débuté à l'ouest de Tananarive avec quelques partisans gagne du terrain pour former le mouvement Menalamba – « les toges rouges » - qui s'étend en plusieurs endroits à travers le pays… Cette insurrection est d'abord une révolte des éléments les plus traditionalistes contre les chrétiens et l'oligarchie Merina qui s'est révélée incapable de préserver le pays et la reine face à l'occupant français… Elle se transforme ensuite en continuation de la guerre contre l'occupant

La pacification est menée par Gallieni. Lui-même avouera avoir eu « la main lourde », les massacres perpétrés notamment par le colonel Combes dans l’Est, le commandant Gérard dans l'Ouest, contribueront à faire de ce mouvement un des emblèmes du sentiment national malgache.

14 décembre 1895 : Un décret du ministère Bourgeois transfert les Affaires malgaches sous la coupe du ministre des Colonies.

Fin 1895 : Insurrection de Rainizafivoavy.

28 janvier 1896 : Les Etablissements français de Diego Suarez, de Nosy be et de Sainte-Marie, sont placés sous l’autorité directe du Résident général à Madagascar, établi à Antananarivo.

Mars 1896 : Insurrections de Rabozaka, Rabezavana et Rainibetsimisaraka.

Juillet 1896 : Insurrection de Rataizambahoaka

6 août 1896 : Le Parlement français vote l’annexion de Madagascar et déclare Madagascar colonie à part entière. Le général Gallieni prend les rennes du pays. Les malgaches deviennent dès 1896 « sujets Français » mais non citoyens, n'ayant aucun droit politique.

26 septembre 1896 : Abolition de l’esclavage par Le Résident Général Hippolyte Laroche (1 décembre 1895 - 28 septembre 1896)

27 septembre 1896 : Arrivée du général Gallieni à Tananarive. Il devient Résident Général du 28 septembre 1896 au 31 juillet 1897.

28 février 1897 : Abolition de la royauté. La Reine Ranavalona III envoyée en exile en Alger.

Juillet - Août 1897 : Premières opérations du Menabe.

Novembre 1897 : Pacification du centre Nord et du Nord-Ouest.

1897 – 1898 : Pacification du centre Sud. L’un des principaux points d’appui de la colonisation française dans la région est érigé dans la Baie de St Augustin.

Février 1898 : Fin de la pacification de l’Imerina.

Mars 1900 : Soumission du Menabe.

Fin 1900 : Début des travaux de la ligne Ferroviaire.

Janvier 1901 : Pénétration dans le sud par le lieutenant-colonel Louis Hubert Gonzalve Lyautey.

Mai 1902 : Officialisation des fokonolona.

9 mars 1902 : Création de la justice indigène.

30 octobre 1904 : Réglementation de l’indigénat.

Novembre 1904 : Insurrection du Sud.


E – Du Complot de la « Vy Vato Sakelika » sur fond de désir d’indépendance à la Communauté de De Gaulle


Nous sommes en 1905, sur fond de désir d’indépendance, des révoltes éclatèrent… Elles furent brisées ! À Madagascar, ce début du XXe siècle sera surtout marqué par les actions françaises : accession des Malgaches aux droits de citoyens français, la grande île déclarée territoire d’Outre-Mer, la création du Conseil supérieur des colonies… Mais l’idée d’indépendance gagne du terrain. Suivirent alors, la création de partis s’avouant nationalistes, la proposition officielle pour un « Madagascar libre »,… et la rébellion du 29 mars, et la lourde condamnation des « responsables »… Première guerre mondiale oblige, cette époque a aussi vu des soldats malgaches partir pour la Métropole. Suivirent d’autres départs pour la seconde… Et quand elle toucha à sa fin et que le Général De Gaulle, bien connu des Malgaches, retourna au pouvoir… la Communauté qu’il a proposée, regroupant la France, des pays africains et Madagascar fut un pas décisif vers l’indépendance des colonies… Toute une histoire !

1905 : Une révolte brisée dans le Sud-Est.

3 mars 1909 : Décret permettant aux Malgaches d’accéder aux droits de citoyens français.

1910 : Léon Cayla est nommé chef de cabinet du gouverneur général de Madagascar.

9 mars 1913 : Fondation de la V.V.S. (Vy Vato Sakelika).

Juillet 1915 : Premier départ des soldats malgaches pour la Métropole.

1915 : Complot de la V.V.S. (« Vy Vato Sakelika »), à l’École de médecine de Tananarive. Il est durement réprimé. Les prétendus meneurs sont exilés.

1917 : Mort de Ranavalona III à Alger.

1919 : Conférence économique à Antananarivo. Mission de Ralaimongo à Madagascar au titre de la Ligue des Droits de l’homme.

1920 : Le Front populaire accorde la reconnaissance légale aux syndicats. Les idées d’indépendance gagnent du terrain.

1921 : Création du Conseil Supérieur des Colonies.

7 mai 1924 : Officialisation des Délégations Économiques et Financières.

22 novembre 1925 : Création de la Banque Madagascar.

1926 : Réforme des circonscriptions administratives.

3 juin 1926 : Création du S.M.O.T.I.G. (Travaux forcés)

Fin 1926 : Début des travaux de la ligne Fianarantsoa-Manakara.

19 mai 1929 : Manifestation à Antananarivo pour la naturalisation en masse.

Mai 1930 : Mise en résidence fixe de Ralaimongo et de Ravoahangy.

1937 : Application d’une première législation syndicale.

1938 : Élargissement de l’accession des Malgaches aux droits de citoyen français. Plan de mobilisation de la production agricole à Madagascar. Élection de Ravelojaona au Conseil Supérieur des Colonies.

10 octobre 1938 : Retour des cendres de Ranavalona III à Tananarive.

Juin 1940 : Retour de Léon Cayla à Antananarivo en remplacement du gouverneur général de Madagascar Marcel de Coppet.

1940 – 1945 : Les autorités françaises de Madagascar se rallient d’abord à Vichy. Les Anglais débarquent à Diégo-Suarez en 1942 et occupent l’île. Ils la remettent aux gaullistes en 1943. Ceux-ci tentent d’intégrer Madagascar à l’effort de guerre, en pratiquant des réquisitions et en instituant un « Office du Riz », politique vite impopulaire et qui réveille le nationalisme.

5 mai 1942 : Débarquement britannique à Diego-Suarez.

23 septembre 1942 : Occupation d’Antananarivo par les Britanniques.

14 décembre 1942 : Accord du Général Charles De Gaulle avec le Ministre Britannique Anthony Eden à Londres sur l’administration de Madagascar.

30 janvier - 8 février 1944 : Conférence de Brazzaville.

9 novembre 1944 : Décret réformant les collectivités malgaches.

1945 : Création d’un Conseil Représentatif, comprenant autant de membres français que malgaches (ceux-ci sont élus par les notables) et ayant pouvoir de voter le budget. À la fin de l’année, Madagascar désigne quatre députés, dont deux Malgaches, à l’Assemblée constituante française. Ce sont deux nationalistes qui sont élus.

1946 : Création du M. D. R. M. (Mouvement Démocratique pour la Rénovation Malgache), parti politique de tendance nationaliste. Contre lui, les autorités coloniales soutiennent le P.A.D.E.S.M. (« Parti des Déshérités de Madagascar »), réunissant des côtiers et des anciens esclaves, inquiets de voir s’imposer un « pouvoir Merina ». Ce sont trois députés M.D.R.M. qui sont élus pour représenter Madagascar à la nouvelle Assemblée nationale française.

9 avril 1946 : Proposition de loi de Ravoahangy et de Raseta à l’Assemblée constituante pour l’érection de Madagascar en État libre.

30 avril 1946 : Loi créant le F.I.D.E.S (plan décennal).

19 mai 1946 : Retour de De Coppet à Madagascar.

27 octobre 1946 : Madagascar devient territoire d’Outre-mer.

1946 : Un gouvernement fédératif fut instauré ; les représentants du mouvement de rénovation malgache (M.D.R.M), jugeant leurs revendications non satisfaites, suscitèrent des troubles, qui provoquèrent une sévère répression (1947).

29 au 30 mars 1947 : Dans la nuit du 29 au 30 mars, une « rébellion » éclate, en divers points de l’île. Si Diégo-Suarez et les Hauts Plateaux suivent mal le mouvement, celui-ci enflamme toute la côte est. Les désirs nationalistes et la nostalgie de l’indépendance perdue ont sans doute été ranimés par l’action du M.D.R.M., mais les manœuvres provocatrices de certains cercles coloniaux sont probables. La rébellion piétine, mais parvient à durer plusieurs mois dans les régions isolées de la forêt. La répression est rude : on estime qu’elle a causé, directement ou indirectement, plusieurs dizaines de milliers de morts. Tenus pour responsables, les députés malgaches à l’Assemblée française sont condamnés à de très lourdes peines, après un procès inique.

Mars 1948 : Arrivée de De Chevigné en remplacement de De Coppet.

22 juillet 1948 : Grand procès des parlementaires.

7 juin 1950 : Arrêté instituant les C.A.R (Collectivités autochtones rurales), ancêtres des communes rurales et aussi la première innovation en matière paysanne.

Novembre 1953 : Déclaration des Évêques de Madagascar en faveur de l’indépendance.

1954 – 1958 : Plan quadriennal.

1954 : Une amnistie est votée. Après le choc des évènements de 1947, l’évolution politique reprend : il est de plus en plus clair que le statut colonial est condamné à se transformer, voire à disparaître.

23 juin 1856 : Loi-cadre. Elle habilite le gouvernement à statuer par décret dans un domaine réservé en principe à la loi.

Décembre 1956 : Naissance à Majunga du PSD (Parti socialiste démocrate)

Mai 1957 : Philibert Tsiranana Vice-Président du conseil de gouvernement.

13 mai 1958 : Retour du général De Gaulle au pouvoir.

Septembre 1958 : Les Malgaches votent en faveur de la communauté proposée par le Général de Gaulle.

Octobre 1958 : à Antananarivo naissance du parti AKFM (congrès pour l'indépendance de Madagascar)


F – De l’adoption de la Constitution la République malgache au premier « 13 mai », en 1972

Nous sommes en 1958, le 14 octobre, la République malgache est officiellement proclamée. Suivirent l’abrogation de la Loi d’annexion, la naissance d’une Assemblée constituante et législative, présidée par Norbert Zafimahova afin d’élaborer la nouvelle Constitution… Philibert Tsiranana devient le Premier Président de la République malgache. Il connaîtra trois mandats. Au plan international, Madagascar est désormais membre de l’Organisation des Nations Unies, au plan national les élections, entre autres législatives se succèdent dans la vie de la toute jeune République… Et dans les années 1970, les étudiants allaient changer le cours de l’histoire : Madagascar – un 13 mai 1972 – a connu une importante révolte, à l’origine estudiantine. L’hôtel de ville d’Antananarivo fut incendié ! (Jusqu’à ce jour Madagascar tente de le rebâtir). Les pleins pouvoirs ont été délégués au général Ramanantsoa en qualité du Chef du gouvernement… Toute une histoire !

Le 29 avril 1959 : La Constitution de la République malgache est adoptée.

1er mai 1959 :

Élection de Philibert Tsiranana (18 octobre 1912 – 16 avril 1978).

Instituteur de français et de mathématiques,

fondateur du Parti social démocrate (PSD),

ancien député malgache à l’assemblée nationale française et père du terme « Communauté », il devient le premier Président de la République malgache.

Juillet 1959 : Naissance à Tuléar du parti MONIMA (Mouvement national pour l'indépendance de Madagascar) créé par Monja Jaona.

4 juillet 1959 : Jules Ravony, député élu du PSD (le 14 octobre 1958) devient Président de l’Assemblée Nationale (1959-1960).

26 juin 1960 : Echange des accords de coopération franco-malgache.

4 septembre 1960 : élections législatives (PSD 72 sièges, autres 32).

21 septembre 1960 : Admission de Madagascar à l’Organisation des Nations Unies.

7 octobre 1960 : Jules Ravony devient Président du Sénat. Alfred Nany lui succède en tant que Président de l'Assemblée nationale (1960-1965 et 1965-1971).

30 mars 1965 : Reconduction à la tête du pays de Philibert Tsiranana 97% des suffrages ses adversaires, Joseph Raseta recueille 54 814 voix et Alfred Razafiarisoa 812 voix sur les 2 583 051 inscrits. C’est le début du règne de son parti, le PSD (Parti socialiste démocrate), créé à Mahajanga avec comme principal parti d'opposition le parti du congrès pour l'indépendance de Madagascar (AKFM) fondé à Antananarivo.

08 août 1965 : élections législatives (PSD 104, AKFM 3).

06 septembre 1970 : élections législatives (PSD 104, AKFM 3).

Mars 1971 : Grève générale des étudiants.

1er avril 1971 : Révolte des Paysans du Sud réprimée par le Président Tsiranana et le Colonel Richard Ratsimandrava, Chef d'État Major de la Gendarmerie.

30 janvier 1972 : Réélection pour un troisième mandat du président Philibert Tsiranana sans adversaire par 99 % des voix.

13 mai 1972 :

La Révolte estudiantine
Dans un contexte mondial aux effluves de contestation et de refus de l'ordre établi qui prévaut depuis les années 60, tels les hippies, les provos des Pays bas, le anti-franquistes, la France de mai 68, le printemps de Prague… malgré des élections qui ont eu lieu des mois auparavant ; avec la même ferveur que leurs congénères la jeunesse malgache se révolte…

Le régime du président Tsiranana n’avait pas réussi à faire décoller l’économie nationale. L’impression de stagnation se doublait du constat que la domination extérieure continuait à s’exercer sur le pays. Le réveil de rivalités ethniques, la maladie du chef de l’État et les problèmes de sa succession font naître un malaise politique. La dépendance culturelle (le système d’enseignement reste calqué sur celui de la France) suscite des frustrations ; le mot d’ordre de « malgachisation de l’enseignement » fédère tous les mécontentements qui s’expriment lors des troubles du mois de mai.

Trois principales revendications : (i) fin des accords culturels de coopération avec la France ; (ii) remplacement des programmes éducatifs conçus pour des écoles en France et enseignés par des professeurs de français par des programmes soulignant la vie et la culture malgaches et enseignés par des instructeurs de malgache ; (iii) et accès croissant pour la jeunesse économiquement sous privilégiée dans des institutions du second degré.

18 mai 1972 : Incendie de l'hôtel de Ville de Tananarive et grèves générales à Tananarive. Délégation des pleins pouvoirs au général Ramanantsoa en qualité de Chef du gouvernement.

27 mai 1972 : À la suite d'émeutes, le Chef d'état-major, le général Ramanantsoa devient Premier ministre.


G - De la nouvelle organisation constitutionnelle de 1972 à… la proclamation de la République démocratique de Madagascar

Nous sommes en 1972, quelques mois après la révolte estudiantine. Le général Ramanantsoa propose une Constitution provisoire et son maintien au pouvoir pendant 5 ans. Les Malgaches répondent Oui à 94% ! Suivirent alors la substitution de l’Assemblée nationale et du Sénat par le Conseil national populaire pour développement, et surtout la mise en œuvre de la malgachisation de l’économie et de l’enseignement. Mais les difficultés économiques, et la division politique écourtèrent son mandat… En l’espace de 3 ans, Madagascar connaîtra quatre dirigeants, dont le capitaine de Corvette Didier Ratsiraka, élu par le Directoire militaire comme président du Conseil suprême de la Révolution, chef du Gouvernement et chef de l’État. Mais il remet son mandat qui devait courir sur 5 ans en jeu, en soumettant son projet de Constitution et son programme à consultation nationale par voie référendaire… Le 30 décembre 1975 : la République Démocratique de Madagascar est proclamée, sa nouvelle Constitution adoptée, Didier Ratsiraka devient le premier président de la Seconde République. Toute une histoire !

8 octobre 1972 : Référendum. Le général Ramanantsoa propose une Constitution provisoire et son maintien au pouvoir pendant 5 ans. Les institutions représentatives sont supprimées. Le président de la République est destitué. Sur les quelques 3 millions de votants, 96,43% plébiscitent le « Oui ».

Octobre 1972 : L’Assemblée nationale et le Sénat s’éclipsent pour céder la place au Conseil national populaire pour développement (CNPD) présidé par le Pasteur Michel Fety. Le CNPD n’était pas un organe législatif au sens plein du terme. C’était un simple organe consultatif, c’est-à-dire, un cadre légal de dialogue entre le peuple et les gouvernants.

7 novembre 1972 :

entrée en vigueur de la Loi constitutionnelle adoptée par référendum en octobre et se prononcent à 96,43% pour le départ de Philibert Tsiranana

Le Général Gabriel Ramanantsoa (13 avril 1906 – 9 mai 1979):

Saint-Cyrien, ancien Chef d'État-major, Général des armées,

ancien Premier ministre du Président Tsiranana,

devient officiellement Chef d’Etat et Chef du Gouvernement de Madagascar.

Le général Ramanantsoa reçoit les pleins pouvoirs : il instaure une nouvelle organisation constitutionnelle et procède à la malgachisation de l’économie et de l’enseignement. Il entend faire de la communauté rurale de base, le fokonolona, l’élément fondamental de l’administration autogérée du pays.

2 mars 1973 : Création du parti « Vonjy iray tsy mivaky ».

4 juin 1973 : Signature à Paris par Didier Ratsiraka, alors ministre des Affaires étrangères, du Nouvel Accord général, des Conventions et des dispositions de coopération révisées en janvier entre Madagascar et la France. Madagascar sort de la zone franc.

Septembre 1973 : Départ des forces françaises basées à Madagascar.

31 décembre 1974 : Tentative de coup d’État du colonel Rajaonarison.

1975 : La situation économique ne s’améliorant pas et l’équipe au pouvoir se révélant divisée.

5 février 1975 :

Face à la crise politique, le général Ramanantsoa transfère les pleins pouvoirs à son Ministre de l'Intérieur le Colonel de Gendarmerie Ratsimandrava (21 mars 1931 – 11 février 1975). Qui répond : « Tsy miamboho adidy aho mon Général. » (Mon général, je ne tourne pas le dos au devoir, j’accepte ! Notre traduction).

Ancien de Saint-Cyr, de Coëtquidan et de l’École des officiers de gendarmerie à Melun qui a porté les couleurs de la France au Maroc et en Algérie, Commandant de la gendarmerie malgache, membre du gouvernement Ramanantsoa, le Colonel Ratsimandrava devient le Chef d’état et Chef de gouvernement de la République de Madagascar.
Il cumule alors les fonctions de Chef d’État, Premier Ministre, ministre de la Défense nationale et du Plan. Il établit une politique fondée sur : (i) Un développement national par les « fokonolona », (ii) la malgachisation de l'économie sans inégalités, (iii) et la décentralisation des pouvoirs.

12 février 1975 :

Suite à l’assassinat du colonel Ratsimandrava, un directoire militaire de dix-huit officiers émanant de toutes les armes des six provinces du pays et représentant toutes les tendances politiques, à l'exception du PSM et de l'extrême gauche, est créé afin de résoudre la crise politique. Celui-ci instaure la loi martiale, interdit toute activité politique et suspend les partis politiques.

Par son état d’officier le plus ancien dans le grade le plus élevé du directoire, nomination en tant que président du Comité national militaire de la République de Madagascar du Général Gilles Andriamahazo (5 mai 1919 – 13 septembre 1989). Madagascar entre dans une nouvelle transition.
Ancien sous-officier au sein des Forces françaises libres durant la seconde Guerre Mondiale et ancien de l’Algérie, il devient sous Tsiranana gouverneur militaire de la capitale avant d’intégrer le gouvernement Ramanantsoa en tant que ministre de l’Aménagement du territoire (1972 – 1974).

13 février 1975 : Les tensions continuent à travers tout le pays : des mutins s'engagent dans des violences.

14 février 1975 : La reddition des mutineries permet la fin des combats. Un des responsables présumés des troubles, M. André Resampa (ancien Ministre de l’intérieur puis Vice Président de Tsiranana, co-fondateur et secrétaire général du PSD), est arrêté.

21 mars 1975 : un procès est alors ouvert pour juger les personnes impliquées dans les évènements : le Président Tsiranana en fait partie.

12 juin 1975 : 30 des inculpés sont acquittés dont André Resampa et le Président Tsiranana.

15 juin 1975 :

Élection du capitaine de Corvette Didier Ratsiraka (4 novembre 1936), par le Directoire militaire comme président du Conseil suprême de la Révolution, chef du Gouvernement et chef de l’État (16 voies sur 18).
Ancien de l’École Navale de Brest, de la filière Droit, économie politique et institutions financières internationale de la Sorbonne, de l’École supérieure des transmissions des Bormettes à Toulon, ancien Attaché militaire à l’Ambassade de Madagascar à Paris avant de devenir ministre des affaires étrangères de Ramanantsoa, le signataire des Accords de coopération avec la France, devient Président du conseil suprême de la Révolution.
Mais il remet son mandat qui devait courir sur 5 ans en jeu, en soumettant son projet de Constitution et son programme à consultation nationale par voie référendaire.

21 décembre 1975 : Approbation de la Charte de la révolution socialiste malgache et de l'institution de la seconde République par un référendum (95,57%). Sur le plan international, Didier Ratsiraka devenu Président de la République Démocratique Malgache prône une politique tous azimuts.

30 décembre 1975 : Promulgation de la nouvelle Constitution et proclamation de la République Démocratique de Madagascar.

4 janvier 1976 : Didier Ratsiraka devient le premier président de la 2ème République, deuxième Président de Madagascar fondateur de la République Démocratique de Madagascar.


H – Des premières explorations pétrolières au début des négociations pour le nickel… en passant par les premières privatisations des années 1980

Nous sommes en 1976, l’Office militaire nationale pour les industries stratégiques voit le jour dont la fonction principale est de valoriser le sous-sol malgache… La date du début du XXe siècle est avancée comme celle de la première exploration pétrolière, mais les activités ont véritablement démarré en 1976, après la création de l’OMNIS. Suivirent d’autres grands projets : barrages hydroélectriques, exploitation de l’ilménite et du nickel… et les premières mesures de libéralisation économique, illustration d’un assouplissement du socialisme étatique… Le début des années 1990 retiendra la contestation grandissante de l’opposition, supportée par les églises bien que Madagascar soit une République… Toute une histoire !

Mars – mai 1976 : Création du parti Antoky ny Revolisiona Malagasy (AREMA), formation présidentielle.

29 décembre 1976 : Création du Front National pour la Défense de la Révolution (FNDR) regroupant notamment les partis AREMA, AKFM, MFM, MONIMA, UDECMA/KMTP (démocrates chrétiens) et le Vonjy Iray tsy Mivaky. Le Parti Socialiste De Madagascar (PSDM) d’André RESAMPA refusa d’en faire partie.

1977 : Premières évaluations des gisements de pétrole à Madagascar.

30 juin 1977 : élections législatives, sur 137 sièges l’AREMA en gagne 112, l’AKFM 16, le VONJY 7, et l’UDECMA 2.

1982 : Inauguration du barrage hydroélectrique d’Andekaleka (58 mégawatts) financé entre autre par la Banque mondiale, les Fonds Koweitiens, la badea…

1982 : Début des négociations avec la société canadienne QIT-Fer pour l’exploitation de l’ilménite à Fort Dauphin,

1982 : élection présidentielle au suffrage universel direct.

7 novembre 1982 : Didier Ratsiraka avec 80,17 % des suffrages, remporte les élections présidentielles sur son adversaire Monja Jaona 19,83%. Il est reconduit pour un deuxième mandat de 7 ans.

1983 : Premières mesures de libéralisation économique.

28 août 1983 : Élections législatives. L’AREMA obtient 117 sièges sur 137, L’AKFM 16, l’AKFM 9, le VONJY 6, le MFM 3, le MONIMA 2 et l’UDECMA et le VSM 0.

10 juillet 1984 : Requête de dissolution du gouvernement, du Conseil suprême de la révolution, et du CMD par le MONIMA.

1985 : Premières privatisations l’entreprise d’état TAMALU (Société Tamatavienne d'Aluminium) est vendue à une entreprise privée.

1987 : Assouplissement du socialisme étatique en procédant à une timide libéralisation de l’économie (code des investissements, zones franches, élargissement du mécanisme d’accès aux devises…)

12 mars 1989 : élection présidentielle. Didier Ratsiraka réélu Président pour 7 ans avec 62,7% des voix contre Manandafy Rakotonirina (MFM) 20%, Jérôme Marojama Razanabahiny (VONJY) 15% et Monja Jaona (MONIMA) 3%.

28 mai 1989 : Élections législatives. Victoire de l’AREMA : 120 députés sur 137, le MFM en obtient 7, le VONJY 4, l’AKFM-Fanavaozana 3, l’AKFM 2, le MONIMA 1 et l’UDECMA 0.

1990 : Début des négociations pour l’exploitation du nickel d’Ambatovy à Moramanga.

1990 : Visites des Présidents français François Mitterrand (juin) et sud-Africain, Frédérik de Klerk (août) ; mais le pouvoir doit compter avec l’opposition grandissante des églises qui deviennent le principal foyer de contestation… Naissance de l’Union Nationale pour la Démocratie et le Développement, dont un des fondateurs est le Professeur Zafy Albert.

 

I – De la concertation nationale à l’alternance démocratique : Didier Ratsiraka s’incline devant Albert Zafy, père de la 3ème République maintenant appelée République de Madagascar !

À l’instar de leurs voisins africains qui voient des conférences nationales fleurir depuis la conférence de la Baule, l’opposition s’unit contre le pouvoir en place et exige « le changement ».

Nous sommes en 1991, le Conseil des forces vives réclame des conférences nationales et le départ du Président Ratsiraka… L’état d’urgence sera proclamé… La sortie de crise a requis un partage du pouvoir : cohabitation entre le Président élu, Didier Ratsiraka qui n’est plus que le garant de l’unité nationale, en charge de l’Armée et de la diplomatie au profit de Guy Willy Razanamasy du parti de l’opposition Fiaonana, nommé Premier ministre, Chef du gouvernement d’union nationale. Ce processus consensuel, complexe mais payant, a permis de donner fin à la crise et d’organiser la tenue d’élections présidentielles dans le calme… Lors de l’investiture le Président Ratsiraka s’incline et félicite son rival, le père fondateur de la 3ème République de Madagascar : le président Albert Zafy, troisième président élu de la grande île.Toute une histoire !

16 août 1990 : Première concertation nationale sur le devenir de la nation organisée par le FFKM à l’intention de toutes les forces vives.

Décembre 1990 : Deuxième concertation nationale et création, d’une part, du Conseil œcuménique sur la vie nationale regroupant les 54 organisations confessionnelles présentes et, d’autre part, du Conseil national des forces vives réunissant 80 organisations.

1er mai 1991 : Des manifestations de l’opposition à Fianarantsoa et à Antananarivo.

11 juin 1991 : La population, menée par le Général Rakotoarison et Zafy Albert, réclame l’abrogation de la Constitution de 1975 et la tenue d’une conférence nationale.

18 juin 1991 : Le Conseil des « forces vives » réclame le départ du président.

26 juin 1991 : Refus du président Ratsiraka d’une conférence nationale.

8 juillet 1991 : Le mouvement se durcit. Grève générale illimitée pour le départ du président et l’abrogation de la Constitution.

16 juillet 1991 : Création d’un gouvernement bis avec comme président le général Rakotoarison et comme Premier ministre M. Albert Zafy, baptisé Haute Autorité de l’état (HAE).

23 juillet 1991 : Instauration de l’état d’urgence.

9 août 1991 : Nomination de M. Razanamasy (Opposition) en qualité de Premier ministre par M. Ratsiraka.

10 août 1991 : Répression de « la marche de la liberté », des milliers de personnes qui se dirigent vers le palais présidentiel pour réclamer sa démission.

17 août 1991 : Déclaration unilatérale de constitution en États fédérés de 5 régions du pays.

26 août 1991 : Mise en place d’un gouvernement de nécessité nationale.

19 décembre 1991 : Présentation du gouvernement de consensus, de transition.

31 octobre 1991 : La Convention dite du 31 octobre (lire l’intégralité) donna naissance à un nouvel organe consultatif, le Comité pour le Redressement Économique et Social (CRES). Dirigé par deux co-Présidents, le Pasteur Richard Andriamanjato et Manandafy Rakotonirina. Le CRES était obligatoirement consulté sur l’ordonnance portant loi de finances et l’élaboration de tout plan de développement général ou sectoriel.

19 décembre 1991 : Présentation du gouvernement de consensus, de transition.

Janvier 1992 : Nomination des 130 membres du Comité de redressement économique et social (CRES). Remplacement par la HAE de tous les élus par des fonctionnaires désignés par leurs soins (de l’Assemblée Nationale jusqu’aux Fonkontany, qui est la plus petite unité administrative à Madagascar)

Mars 1992 : Forum national chargé de la mise en forme des textes de la Constitution de la 3ème République.

19 août 1992 : Consultation populaire pour l’adoption de la Constitution. (lire l’intégralité) le « Oui » l’emporte à 72,69%. Naissance de la 3ème république

25 novembre 1992 : Premier tour de l’élection présidentielle. Albert Zafy (UNDD) [FVR] 45.16% - Didier Ratsiraka [MMSM] 29.22% - Manandafy Rakotonirina (MFM) 10.21% - Marson Evariste (RPSD) 4.60% - Ruffine Tsiranana (PSD) 3.51% - Jacques Rabemananjara 2.87% - Nirina Andriamanalina 2.25% - Tovonanahary Rabetsitonta (GRAD-Iloafo) 2.19%.

10 février 1993 :

Le Professeur Albert Zafy (1er mai 1927) est élu Président de la Troisième République (66,74 % à M. Zafy contre 33,26 % à M. Ratsiraka).
Agrégé en chirurgie thoracique sous la houlette du professeur Cabrol. Il est aussi détenteur d’une licence de mathématiques et de physique. Nationaliste des premières heures, il délaisse un moment l’Université d’Antananarivo où il est professeur en séméiologie et pathologie chirurgicale pour occuper la fonction de ministre de la Santé du Général Ramanantsoa.
Membre fondateur de l’UNDD dont il est le président, il accède à la magistrature suprême en tant que premier Président de la 3ème République et 5ème Président de Madagascar.

Norbert Lala Ratsirahonana alors Président de la Haute Cour Constitutionnelle proclame les résultats et lit (à la demande de l’intéressé) le message de félicitations de Didier Ratsiraka au Professeur Zafy Albert.

16 juin1993 : Élections législatives.

Mouvance Présidentielle (CFV, CSCD, UNDD, AKFM Fanavaozana, CSDDM, ACCORD, FARIMBONA, GRAD-Iloafo, VATOMIZANA) 75 sièges - Parti Militant pour le Développent de Madagascar (PMDM) 15 sièges - LEADER-Fanilo 13 sièges - FIVOARANA 02 sièges - RPSD 08 - FAMIMA 11 - Autres 10 sièges - Vacants 04 sièges.


J – De la forte dévaluation de la monnaie à l’empêchement du Président Albert Zafy : ses compagnons d’hier deviennent ses bourreaux…

Nous sommes en 1993, c’est la 3ème République ! En 4 ans, la présidence du Professeur Albert Zafy est fortement marquée par une instabilité politique : huit gouvernements, et trois Premiers ministres en trois ans. Un Référendum prive le Parlement de la nomination du Premier ministre, le gouvernement ambitionne de chercher une autre voie pour le développement : le financement parallèle… La monnaie perd 60% de sa valeur… En période de trouble le président est lâché par ses « compagnons » politiques… Avec effet miroir sur les évènements deux ans auparavant, les noms de certains politiciens malgaches – qui se sont découverts une vocation : « participer au renversement d’un régime, installer un nouveau, et quitter le bateau quand l’eau est trouble » prenant pour eux la loi du Talion et inversant la vapeur – circulent dans les salons tant nationaux qu’internationaux… L’histoire se souvient que la plupart d’entre eux seront présents aux côtés du plus jeune putschiste au monde, qui est Malgache répondant au nom de Andry Rajoelina, un peu plus tard en mars 2009… Toute une histoire !

17 septembre 1995 : Référendum constitutionnel avec 63,56% de « Oui » : le Parlement n’a plus le droit d’élire le Premier ministre, qui sera nommé et renvoyé par le Président. Peu de temps après, Albert Zafy applique la règle et se sépare de son premier Ministre Francisque Ravony.

30 octobre 1995 : Emmanuel Rakotovahiny est nommé Premier ministre, mais il ne réussit pas à ramener l’ordre politique. Le nombre de mécontents et d’opposants au régime augmente.

5 novembre 1995 : élections municipales. Les candidats d’opposition remportent les mairies des principales villes.

6 novembre1995 : Incendie sans doute criminel du palais de la reine à Tana.

1996 : Au début de l’année, certains dirigeants du régime en viennent à réclamer le départ d’Emmanuel Rakotovahiny et de son ministre des Finances. Le président Zafy refuse de trancher la question.

Avril 1996 : Les vieux compagnons de route du président quittent la «mouvance présidentielle» : les Forces Vives Rasalama, l’AKFM Fanavaozana de Richard Andriamanjato, le VVSV de Daniel Ramaromisa, l’Élan populaire pour l’unité nationale de Marojama Razanabahiny et le Parti social-démocrate de Ruffine Tsiranana.

28 mai 1996 : Norbert Ratsirahonana est Premier ministre et constitue son gouvernement.

5 septembre 1996 : Moins chanceux que son homologue américain qui réussit de justesse à éviter un empêchement par le Congrès, Zafy Albert tombe sous le couperet de l’empêchement par son Assemblée Nationale… Destitution de Zafy par la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) la gestion du pouvoir étant confiée en intérim au Premier ministre Norbert Ratsirahonana.


K – « Sorti par les urnes, il revient par les urnes »… Du retour de Didier Ratsiraka aux deux investitures de Marc Ravalomanana : le fléau de l’auto-proclamation

Nous sommes en 1996, démocrate, Zafy Albert acceptera l’empêchement et se présente aux élections présidentielles anticipées, organisées pour essayer de donner une fin à la crise. Il s’inclinera devant Didier Ratsiraka, « sorti et revenu par les urnes » constatera-t-on ! La vie de la République reprend son cours… Mais la marche de la démocratie sera stoppée un moment : le temps de l’autoproclamation du maire d’Antananarivo, Marc Ravalomanana, après avoir refusé le second tour des élections présidentielles de 2001 et préféré les manifestations dans la rue et sur la place du 13 mai aux urnes… Faisant fi des accords signés, il connaîtra deux investitures, la communauté internationale finira par le reconnaître. Une victoire personnelle mais un acte anti-démocratique qui coûte cher au pays… « Le message lancé à la jeunesse malgache fut empoisonné »… à ce jour (2009, ndlr), l’histoire notera qu’un autre jeune maire d’Antananarivo, businessman de son état, lui aussi, essaie d’emprunter le même chemin : « de la rue, à la présidence, en passant par la reconnaissance internationale ! » Toute une histoire !

03 novembre 1996 : Premier tour des élections présidentielles anticipées.

Didier Ratsiraka (AREMA) 36.61%, Albert Zafy (UNDD) [CFV] 23.39%, Herizo Razafimahaleo (LEADER-Fanilo) 15.13%, Norbert Ratsirahonana (AVI) 10.14%, Richard Andriamanjato (AKFM-Fanavaozana) 4.94%, Jean Eugène Voninahitsy 2.79%, Alain Ramaroson 1.55%, Guy Willy Razanamasy (CSCD) 1.19%, Jérôme Marojama Razanabahiny 0.91%, Tovonanahary Rabetsitonta (GRAD-Iloafo) 0.90%, Philippe Rakotovao 0.80%, Evariste Vazaha 0.45%, Albert Andriamanana 0.42%, Charles Ramanantsoa 0.42%, Désiré Rakotoarijaona 0.37%.

29 décembre 1996 : Didier Ratsiraka remporte la présidence par 50,71% des voix devant Zafy et revient par les urnes à la présidence élue pour un mandat de 5 ans.

31 janvier 1997 : Didier Ratsiraka est déclaré deuxième Président de la 3ème République par la Haute Cour constitutionnelle.

15 mars 1998 : Référendum sur la décentralisation et la mise en place des « provinces autonomes ». Le peuple vote Oui (50,96%).(lire l’intégralité de la constitution).

17 mai 1998 : Élections législatives.

AREMA 63 sièges, LEADER-Fanilo 16 sièges, AVI 14 sièges, RPSD 11 sièges, AFFA 06 sièges, MFM 03 sièges, AKFM-Fanavaozana 03 sièges, CSCD 01 siège, GRAD-Iloafo 01 siège, Indépendants 32 sièges.

14 novembre 1999 : Marc Ravalomanana se présente aux élections municipales sous sa propre bannière « Tiako Iarivo » (J'aime Antananarivo).

Décembre 1999 : Marc Ravalomanana est élu maire d'Antananarivo, avec 45% des suffrages.

Son élection était prévisible du fait même de sa position en tant que principal financier de l'Église de Jésus-Christ à Madagascar. Il a su s'appuyer sur les courants religieux, un relais de propagande à Madagascar ayant déjà fait ses preuves. (Note de l’histoire : la seule fois où l'église fit campagne fut lors du référendum sur la révision constitutionnelle en 1998 : aucun parti de l'opposition n'avait fait campagne pour le « Non », les quatre églises du FFKM ont lu un communiqué qui aurait incité les fidèles à voter « Non » et le président Ratsiraka a failli perdre son référendum.)

12 avril 2000 : Un projet de loi contre la corruption est adopté par le Conseil du gouvernement.

26 juillet 2000 : Vote d'un nouveau code électoral remplaçant celui de 1992.

3 décembre 2000 : Premières élections provinciales. Élections, pour la mise en place des Provinces Autonomes après l'examen de la loi par le parlement qui a commencé le jeudi 17 août2000.

Plus de 6 millions d'électeurs sont appelés à élire 336 conseillers provinciaux (45% de taux de participation général et prédominance de l'AREMA - Alliance pour la Rénovation de Madagascar, parti présidentiel).

29 décembre 2000 : Loi organique pour le rétablissement du Sénat

18 mars 2001 : Les grands électeurs élisent les 70 premiers sénateurs de la Troisième République.

18 avril 2001 : Le président de la république nomme les 30 autres sénateurs.

2 mai 2001 : Les Sénateurs élisent le Président du Premier Sénat de la 3ème République Malgache.

10 juin 2001 : Mise en place des gouverneurs des six provinces.

16 décembre 2001 : Premier tour des Élections présidentielles : le président sortant Didier Ratsiraka affronte parmi d'autres candidats le maire d’Antananarivo, Marc Ravalomanana. Ce dernier a bénéficié du soutien de nombreux petits partis regroupés au sein du KMMR (Comité de soutien à Marc Ravalomanana)

La contestation des résultats de ce premier tour sera à l'origine de l'une des plus graves crises politiques de l'histoire du pays mais, son élection sera finalement validée par un « recompte » de la Haute Cour Constitutionnelle en avril 2002, avec 51,46% des voix.

23 décembre 2001 : bref voyage de Marc Ravalomanana à Paris

23 janvier 2002 : La HCC rejette les requêtes présentées par les partisans de Marc Ravalomanana qui demandent de confrontation des procès verbaux bureau de vote par bureau vote des résultats du ministère de l'Intérieur avec ceux du KMMR (Comité de soutien de Marc Ravalomanana).

25 janvier 2002 : La Haute Cour constitutionnelle proclame officiellement Ravalomanana en tête du premier tour avec 46,21% des voix, contre 40,89% à Ratsiraka, Albert Zafy 5.34%, Herizo Razafimahaleo 4.27%, Daniel Rajakoba 1.77%, Patrick Rajaonary 1.57% et convoque un second tour.

L'équipe du candidat Marc Ravalomanana estimant, que leur candidat a obtenu plus de la moitié des voix, rejette le résultat et appelle à la grève générale illimitée. Ce rejet du second tour d’élections n’est pas innocent dans l’instabilité politique que connaîtra le pays.

30 janvier 2002 : Marc Ravalomanana appelle à la grève générale dans la capitale.

Fin janvier – février 2002 : Manifestations quotidiennes de partisans de M. Ravalomanana à Tananarive et barrages de bennes à ordures et caillasses devant la Banque centrale, les différents ministères et un peu partout dans la ville.

7 – 10 février 2002 : une mission de l'Association des parlementaires francophones (MM. les sénateurs Penne et Duvernois) se rend à Madagascar

8 février 2002 : M. Amara Essy, Secrétaire Général de l'OUA, se rend à Madagascar, où il réussit à réunir MM. Ravalomanana et Ratsiraka (13 février).

13 février 2002 : M. Ibrahima Fall, Adjoint aux Affaires politiques du Secrétaire Général de l'ONU, arrive à Tananarive, en même temps que M. Bérenger, vice-Premier Ministre mauricien et son Ministre des Affaires étrangères M. Anil Gayan - également Président de la Commission de l'Océan Indien (COI).

22 février 2002 : Marc Ravalomanana s’autoproclame Président de la République de Madagascar devant plusieurs centaines de milliers de ses partisans à Mahamasina - Antananarivo. Il prête serment après l'annonce, par un haut magistrat, de sa victoire au premier tour « avec 52,15% des voix contre 35,67%» au président sortant.

28 février 2002 : Didier Ratsiraka proclame l'« État de nécessité nationale », qui n'aura pas d'effet.

4 mars 2002 : Marc Ravalomanana nomme un gouvernement parallèle. Il désigne Jacques Sylla « Premier ministre » ; son « gouvernement » compte 17 membres. Les « ministres » investissent les ministères, à l'exception de la Primature.

Mars 2002 : En réponse au blocage d’Antananarivo, des barrages routiers sont érigés dans tout le pays par des partisans de M. Didier Ratsiraka.

6 mars 2002 : Une nouvelle mission de l'OUA, présidée par l'ancien Président du Cap Vert, M. Monteiro, arrive à Madagascar

15 mars 2002 : Jacques Sylla ne réussit pas à investir la Primature.

21 mars 2002 : Marc Ravalomanana désigne des « présidents de délégation spéciale » (PDS) à la tête des six provinces.

26 mars 2002 : Des incidents à Fianarantsoa (Sud) font six morts.

14 avril 2002 : La COI se rend à nouveau à Madagascar, en compagnie de l'OUA.

16 avril 2002 : La Chambre administrative de la Cour Suprême invalide la nomination des membres de la Haute Cour Constitutionnelle (décret du 22 novembre 2001) pour vice de forme.

17 avril 2002 : Prise de Fianarantsoa par les partisans de Marc Ravalomanana.

Avril 2002 : « DAKAR I » signature sous la médiation de l’OUA et du président sénégalais d’accords pour la sortie de crise selon lesquels Mr Didier Ratsiraka, Président de la République et Marc Ravalomanana candidat aux élections présidentielles formeraient un gouvernement de consensus pour organiser le deuxième tour des élections après un recomptage des voies.

29 avril 2002 : Faisant fi de « Dakar I », rejetant le schéma de sortie de crise signée par les deux protagonistes et les représentants de la communauté internationale, la Haute Cour Constitutionnelle, réunie dans sa composition antérieure au 22 novembre 2001, déclare – à l'issue d'un nouveau décompte des voix dirigé par l’équipe du candidat maire – Marc Ravalomanana vainqueur avec 51,46% des voix, contre 35,90% pour le Président sortant. Le message fut clair mais empoisonné : « …de la rue, à la présidence, en passant par la reconnaissance internationale ! »

6 mai 2002 :

Seconde investiture de Marc Ravalomanana. N’ayant pas un système aussi sophistiqué qu’aux États-Unis où le recompte des voies entre Georges Bush et John Kerry tenait le monde en haleine, Marc Ravalomanana offre ses procès verbaux comme preuve et s’autoproclame président.

Autodidacte, Marc Ravalomanana (12 décembre 1949) incarne pour beaucoup le Malgache qui a réussi en partant de rien. Véritable bulldozer, il débute dans la petite entreprise agro-alimentaire familiale qu’il développe grâce à l'aide d'un prêt de la Banque Mondiale en une entreprise nationale (TIKO). Touche à tout, devenu capitaine d’industrie en s’appropriant la filière laitière de Madagascar, il a mis en place également une radio et une chaîne de télévision privées (MBS, « Malagasy Broadcasting System »), ainsi qu'un journal bilingue (« Le Quotidien »). En 1999, il s’attaque à la Mairie d’Antananarivo, suite à un grief avec l’ancien Maire et lui rafle son titre en obtenant 45% des voies.
Les média rapportent que ses premiers griefs envers son futur adversaire aux élections présidentielles de 2001 relèvent, entre autres, des refus de l’administration Ratsiraka de le laisser importer des bovins en pleine crise de la vache folle en Europe.
Par la force de sa seule volonté, il dérobe le fauteuil au nez et à la barbe du président sortant à qui il refuse un deuxième tour, mettant en pratique un des slogans de sa campagne électorale : « Premier tour dia vita ! » (Victoire dès le premier tour)… Après 6 mois de crise, de manifestations et de pourparlers le 6 mai 2002, il devient le troisième président de la 3ème République.
L’histoire a noté qu’un de ses premiers gestes à son arrivée au pouvoir n’était autre que l’importation de vaches normandes.

7 mai 2002 : Quatre gouverneurs (Tuléar, Diego-Suarez, Tamatave, Majunga) fidèles au Président Ratsiraka, déclarent leurs provinces « États souverains, indépendants dans la confédération de Madagascar ».

27 mai 2002 : Prise de la Primature à Antananarivo par Jacques Sylla escorté de « Mpiandry » sortes de diacres bible à la main, d’enfants et de militaires (un mélange de commandos, de réservistes et d’armée régulière.)

31 mai – 4 juin 2002 : Le « gouvernement » Sylla lance des offensives militaires en province (nord-est) pour conquérir des villes restées fidèles à Didier Ratsiraka. L'occupation des aéroports fait une dizaine de morts

4 – 5 juin 2002 : Visite du Ministre Dominique de Villepin à Libreville où il rencontre le président du Sénégal M. Wade et le secrétaire général de l'OUA M. Essy. Les entretiens de M. de Villepin avec ses interlocuteurs lui ont permis de travailler sur le dossier de Madagascar. Le ministre poursuit aujourd'hui son voyage à Dakar.

Les présidents Bongo et Wade ont lancé un appel pressant depuis Libreville pour que les protagonistes de la situation à Madagascar fassent preuve d'un sens élevé de responsabilité et de retenue, et soient présents à Dakar le samedi d’après. Lire communiqué

8-9 juin 2002 : Seconde rencontre pour trouver une issue à la crise sous l’égide de l’OUA au Sénégal, c’est DAKAR II. Aucun accord ne sera signé mais se conclut par l'élaboration d'un plan de sortie de crise.

13 juin 2002 : Didier Ratsiraka quitte Toamasina pour Paris.

14 juin 2002 : Les troupes de Marc Ravalomanana entrent sans combat à Tuléar.

19 juin 2002 : Prise de Majunga. Marc Ravalomanana contrôle tout le pays sauf Antsiranana et Toamasina.

21 juin 2002 : Réunion à Addis-Abeba de l'organe central de l'OUA au niveau des chefs d'État (en présence de Didier Ratsiraka et en l'absence de Marc Ravalomanana) - décision de laisser "vacant" le siège de Madagascar lors du sommet de Durban.

21 juin 2002 : Sabotage par des partisans de Didier Ratsiraka d'un pylône électrique alimentant la capitale en électricité.

22 juin 2002 : Didier Ratsiraka rentre à Toamasina.

26 juin 2002 : Reconnaissance par les États Unis d'Amérique du mandat présidentiel de Marc Ravalomanana.

3 juillet 2002 : Le ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin exprime la reconnaissance de l’État français de Marc Ravalomanana en tant que Président.

5 juillet 2002 : Didier Ratsiraka quitte Madagascar pour Paris via les Seychelles. « Si j’étais resté à Tamatave peut-être que mes partisans auraient résisté farouchement et il y aurait eut un bain de sang tel que je ne voulais pas prendre cette responsabilité historique devant la nation et devant la communauté internationale. » déclare-t-il à son arrivée à Paris.

8 juillet 2002 : Toamasina tombe sans combat. Marc Ravalomanana contrôle tout le pays.

Décembre 2002 : élections législatives. La mouvance présidentielle remporte 132 des 160 sièges. On remarque le boycottage des élections par l’AREMA qui refuse de reconnaître Marc Ravalomanana comme chef d’état à l’exception d’une certaine aile du parti. Le TIM remporte 103 sièges, le FP 22, le RPSD 05, l’AREMA 03, le LEADER-Fanilo 02, Autres 03, Indépendants 22.

1er janvier 2005 : Changement de la monnaie en Ariary.


L – Du deuxième mandat de Marc Ravalomanana en 2006 à l’auto-proclamation d’Andry Rajoelina en 2009… Ou quand Madagascar paie le rejet d’un second tour en 2002

Nous sommes en 2006 ! Apparemment la vie de la République suit « calmement » son cours. Le 3 décembre, Marc Ravalomanana est élu dès le premier tour contre 13 candidats pour un second mandat de 5 ans. Un référendum introduit l’Anglais comme troisième langue officielle, supprime les provinces autonomes et installe administrativement les 22 régions. Un évènement changera le cours de l’histoire : le ministre de la Communication ordonne la fermeture de la chaîne de télévision du maire d'Antananarivo, Andry Rajoelina, après la diffusion d'une interview de l'ex-président Didier Ratsiraka, en exil en France… Andry Rajoelina suivra le chemin montré par Marc Ravalomanana, il appellera la population à descendre dans la rue, à rejoindre la place du 13 mai pour réclamer l’ouverture de sa station… Il utilisera le mot « démocratie » dont il ignorera le sens peu de temps après ! Il promet de mener le pays à la transition, mais l’ancien DJ, homme de communication demandera dès la première occasion, avec tact, à être appelé « Président ». Et il en fera son combat… Et comme la communauté internationale a bien reconnu un président arrivé par la rue en 2002, alors pourquoi ne serait-il pas aussi Président… Toute une histoire !

3 décembre 2006 : Marc Ravalomanana est élu dès le premier tour contre 13 candidats pour un mandat de 5 ans.

(Ravalomanana Marc (54,79%), Lahiniriko Jean (11,65%), Ratsirahonana Norbert Lala (4,22%) Ratsiraka Iarovana Roland (10,14%), Razafimahaleo Herizo Jossicher (9,03%), Ravelomanantsoa Razafindrabe Elia (2,56%), Rakotoniaina Pety (1,68%), Randrianjoary Jules (0,75%), Rajakoba Daniel (0,64%), Andriamanjato Ny Hasina (4,18%), Manandafy Rakotonirina (0,33%), Tsiranana Philippe Madiomanana (0,03%), Razakarimanana Ferdinand (0,00%), Monja Roindefo Zafitsimivalo (0,00%).

4 avril 2007 : Référendum pour des amendements constitutionnels qui introduisent des pouvoirs d'urgence pour le Président, l'adoption de l'anglais comme troisième langue officielle, et la redéfinition des divisions administratives du pays (supprimer les six « provinces » et l'instauration des « régions » au nombre de 22). Le « Oui » l’emporte à 75,33%.

26 juillet 2007 : Dissolution de l'Assemblée nationale.

23 septembre 2007 : Victoire du parti présidentiel aux élections législatives (105 députés sur 127, le LEADER-Fanilo remporte 1 siège, les Indépendants 11 et Autres 10) marquées par une abstention proche des 80%.

3 novembre 2007 : Andry Rajoelina se porte officiellement candidat à la mairie d'Antananarivo, capitale de Madagascar et créé l'association « Tanora malaGasy Vonona » ou TGV (traduction : « Jeunes Malgaches prêts »). Il se déclare non affilié à l'opposition. Les médias invoquent des mésententes avec le pouvoir de Marc Ravalomanana, dans la conduite de ses entreprises privées.

12 décembre 2007 : Andry Rajoelina est élu maire d'Antananarivo avec 63,32% des voix pour un taux de participation est de 40%. Il avait pour principal adversaire Hery Rafalimanana du parti Tiako I Madagasikara (TIM), le parti de Marc Ravalomanana.

20 décembre 2007 : Andry Rajoelina est reçu par le président Marc Ravalomanana qui le félicite pour son élection.

21 décembre 2007 : Andry Rajoelina annonce que la mairie est endettée à hauteur de 8,2 milliards de MGA (environ 3 millions d'euros).

29 décembre 2007 : L'oncle d’Andry Rajoelina, Jeannel Ramarofidy est placé à la tête du conseil municipal.

5 janvier 2008 : à la suite de coupures de l'éclairage public et de l'approvisionnement en eau des bornes fontaines dans la ville par la compagnie nationale d'électricité JIRAMA, Andry Rajoelina réagit sur TV Plus, principale chaîne de l’opposition, il déclare : « La population d’Antananarivo ne doit pas être sanctionnée pour des raisons de stratégie politique »

En effet, la JIRAMA réclame à la commune des arriérés de paiements s'élevant à 3,3 milliards MGA, déduits de 717 millions MGA de taxes communales, les arriérés sont ramenés à 2,58 milliards MGA (environ 950 000 €).

7 janvier 2008 : Création de l'antenne européenne de l'association TGV, « TGV Europe » présidée par Rija Rajoelina.

20 janvier 2007 : Le Général Charles Rabemananjara, devient Premier ministre.

Mars 2008 : Extraction des premiers barils de pétrole à Tsimiroro.

Juillet 2008 : Signature d'un contrat avec le groupe sud-coréen Daewoo pour la location, pour 99 ans de 1,3 millions de terres agricoles.

13 décembre 2008 : Fermeture par le gouvernement de la chaîne Viva, télévision du maire d'Antananarivo, Andry Rajoelina, après la diffusion intégrale d'une vidéo privée montrant l'ex-président Didier Ratsiraka, en exil en France en train de dénoncer la politique de Marc Ravalomanana durant la visite de quelques-uns de ses compatriotes venus lui présenter leurs vœux à l’occasion de son anniversaire.

17 janvier 2009 : Andry Rajoelina appelle ses partisans à manifester contre le gouvernement sur la fameuse place du 13 Mai à Antananarivo.

24 janvier 2009 : Andry Rajoelina appelle à une grève générale contre la « dictature » du président Ravalomanana. Il exige la démission du ministre de la Communication et du ministre chargé des Domaines. Plusieurs manifestations contre le président tournent à l'émeute dans la capitale (plus de 80 morts).

25 janvier 2009: Les émetteurs de la station VIVA de Andry Rajoelina sont démantelés et mis sous scellés par les forces de l'ordre.

26 janvier 2009: Il organise une autre manifestation anti-gouvernementale qui dégénère en émeutes et en une série de pillages. L'immeuble de la radio télévision publique (RNM) est incendié par les manifestants. Les locaux des entreprises et véhicules du Groupe Tiko appartenant à Marc Ravalomanana sont pillés et incendiés : la radio et télévision MBS, les centrales de distribution Magro, l'imprimerie Blueprint, le journal le Quotidien... L'auditorium d'Ankorondrano du parti présidentiel Tiako i Madagasikara (TIM) est également incendié. Plusieurs centres commerciaux (Jumbo Score Ankorondrano, Galerie Zoom, Supreme Center Behoririka...) sont également pillés et brûlés. Au moins 68 personnes, principalement des pilleurs piégés par les flammes, périssent en moins de trois jours. Cet épisode dramatique a reçu le surnom du Black Monday ou Lundi noir par la presse malgache.

31 janvier 2009 : Au micro, Andry Rajoelina se proclame « en charge des affaires du pays », toujours, sur la place du 13 mai.

2 février 2009 : Andry Rajoelina dépose une demande de destitution du président Ravalomanana.

3 février 2009 : Andry Rajoelina est démis de ses fonctions de maire par le gouvernement.

7 février 2009 : Andry Rajoelina organise une énième manifestation sur la place du 13 Mai et demande à ses partisans de marcher sur le palais d'État d'Ambohitsorohitra pourtant classé « zone rouge ». Bilan : 28 morts dont un journaliste et 212 autres blessés. (…) Pour faire la lumière sur ces évènements, Marc Ravalomanana annonce la création d'une commission d'enquête internationale.

11 février 2009 : Ouverture des négociations entre les camps rivaux du président et d'Andry Rajoelina, sous la houlette de représentants des églises.

6 mars 2009 : Andry Rajoelina, sous le coup d'un mandat d'arrêt, se réfugie à l'ambassade de France.

10 mars 2009 : Après avoir contraint le ministre de la Défense à la démission, l'armée pose un ultimatum aux autorités civiles pour sortir de la crise.

11 mars 2009 : Les militaires mutins du Capsat favorables à Andry Rajoelina s'emparent du ministère de la Défense nationale et forcent le ministre, le vice-amiral Mamy Ranaivoniarivo, à démissionner.

16 mars 2009 : Le CAPSAT, des éléments mutins de l'armée malgache, partisans d'Andry Rajoelina, prennent d'assaut et s'emparent du palais présidentiel d'Ambohitsorohitra gardé par des éléments de la garde présidentielle. Les rafales de mitraillette, les tirs de canon et de roquette durent plusieurs heures. On ignore toujours à ce jour s'il y a eu des victimes.

17 mars 2009 : Madagascar vit un coup d’État !! Les militaires du Capsat s'emparent du palais d'Iavoloha où se réfugiait le président Marc Ravalomanana. Les coups de feu durent plusieurs heures. On ignore à ce jour s'il y a eu des victimes. Ce dernier assiégé et avant de quitter le pays dissout son gouvernement et signe une ordonnance (ordonnance no 2009-001 du 17 mars 2009) pour transférer le pouvoir exécutif à un directoire militaire chargé d'organiser des élections sous deux ans.

La presse rapporte qu’à l'épiscopat d'Antanimena où se déroule une réunion d'information sur ladite ordonnance, les officiers censés diriger le Directoire sont pris à parti par les militaires obéissant à Andry Rajoelina. Ils sont capturés et transférés manu militari au camp du Capsat. À leur sortie du camp du Capsat, les officiers capturés insistent sur le fait qu'ils n'ont pas fait l'objet d'intimidations et annoncent qu'ils ont signé une ordonnance (ordonnance no 2009-002 du 17 mars 2009) qui transfèrerait le pouvoir exécutif à Andry Nirina Rajoelina.

Andry Rajoelina s'autoproclame président de la Haute Autorité de la transition de la République de Madagascar et signe l'ordonnance no2009-003 qui porte création de la Haute Autorité de la Transition (HAT) et la suspension du Parlement démocratiquement élu.

À l’instar de son collègue Dadis un peu plus au Nord de l’Afrique, quelques mois plus tôt, Andry Rajoelina et sa HAT suspendent la Constitution et toutes les institutions républicaines et dissolvent du gouvernement, en rassurant qui veut bien l’entendre que ce n’est pas le pouvoir qui l’intéresse mais la justice et la démocratie pour son peuple. L’histoire est en train de révéler le contraire…

21 mars 2009:

Investiture d'Andry Rajoelina à la présidence de la « Haute autorité de transition ». Transition d’une durée maximale annoncée de 24 mois. Aucun diplomate étranger n’est présent. L’auto-proclamation vit une fois de plus dans la grande île. Norbert Lala Ratsirahonana, juriste de renom qui fut un artisan de l’autoproclamation de Marc Ravalomanana est présent aux côtés du « plus jeune putschiste » au monde.

Andry Nirina Rajoelina (30 mai 1974), issu du monde des affaires comme son rival politique Marc Ravalomanana, se fait connaître du public en étant aux platines, en tant que DJ animant des soirées dansantes « Live » dans la capitale. Il délaisse sa société de communication (Injet, Publi-diffusion, Viva), qui était la cible perpétuelle et principale concurrente de iMada, entreprise de Sarah Radavidra née Ravalomanana pour s’attaquer à la municipalité de Antananarivo, et remporte les élections avec 63,32% le 12 décembre 2007. Une victoire est arrachée au détriment du parti Présidentiel. Le Manager de l’année (2001) du magazine L’écho australe arrache les rênes du pays et s’autoproclame, président de la Haute autorité de la transition.

23 mars 2009 : Le coup d'État, est condamné par une grande partie de la communauté internationale qui déplore le non-respect des voies démocratiques du pays et le recours à la force.

Avril 2009 : Début des manifestations de rue contre la prise de pouvoir Andry Rajoelina, et qui sont réprimées par la force.


M – De la mauvaise gouvernance à l’entêtement de ses gouvernants à imposer leur régime illégal : Madagascar condamné à un avenir sombre, la démocratie fortement menacée !!!

Nous sommes le 11 février 2010, le Parlement européen vient d’adopter un texte de résolution pour la crise à Madagascar. Il retrace les heures sombres qu’a traversées la grande île à cause de ses dirigeants. Depuis l’autoproclamation d’Andry Rajoelina, Madagascar est au centre de condamnations, fait l’objet de suspensions d’aide, et de financements du développement… Pendant que le peuple affronte des difficultés quotidiennes, ses gouvernants sont pointés du doigt pour des trafics en tous genres qui leur rapporte des « millions de dollars », aussi et surtout : pour une mauvaise gouvernance. Le Parlement européen utilise l’expression de « blocage délibéré » à la sortie de crise de la part des dirigeants de la HAT… En effet, Andry Rajoelina renie sa signature des Accords de Maputo, et défie la communauté internationale en menant des actions unilatérales… Certains analystes argumentent que la HAT essaie surtout de gagner du temps pour mener à bien ses propres affaires qui sont loin d’être uniquement celles de l’état. Et, une première dans l’Histoire, le texte adopté par ce 11 février réitère sa condamnation de la prise de pouvoir d’Andry Rajoelina et demande des sanctions individualisées et ciblées à son encontre et aux dirigeants du régime illégal. Toute une histoire !

30 mars 2009 : Exclusion de Madagascar de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC).

Suivirent la condamnation de l’Union Européenne, la France, les États-Unis…

3 juin 2009 : Condamnation par contumace à 4 ans de prison de Marc Ravalomanana.

5 – 9 août 2009 : Sommet de Maputo (Mozambique) entre les trois anciens présidents et le président de la transition. Signature d'un accord de sortie de crise prévoyant la mise en place d'un gouvernement de transition.

25 – 27 août 2009 : Sommet de Maputo II (Mozambique) entre les quatre leaders sur la formation du gouvernement de transition.

Septembre 2009 : La 64ème session de l'assemblée générale de l’ONU intègre Andry Rajoelina président de la HAT de la République de Madagascar, mais la SADC par son représentant s'oppose à sa prise de parole, au même titre qu’un président élu, comme veut la tradition onusienne.

Octobre 2009 : Le Groupe international de contact propose l'application partielle des accords de Maputo, au Carlton hôtel d'Antananarivo le 6 octobre. Eugène Mangalaza devient Premier ministre le 10 octobre 2009. Mais cette proposition est incomplète car les chefs des 4 mouvances n'ont pas signé le texte. La réunion des 4 mouvances va se dérouler à Addis-Abeba en Éthiopie du 3 au 6 novembre 2009.

3 au 8 décembre 2009 : Sommet de Maputo III : Refus de Andry Rajoelina par voix de presse d’honorer l’invitation écrite du Président Joachim Chissano Chef de l’Équipe internationale de médiation pour Madagascar et du Président de la République du Mozambique Armando Guebuza. Son absence coûtera chère à Madagascar. Sa volonté d’imposer un régime illégal, plongeant Madagascar dans un présent et un avenir sombre (insécurité, chômage, crise socio-économique, instabilité politique…).

8 décembre 2009 : La délégation malgache qui a répondu favorablement à l’invitation de la communauté internationale est bloquée à Maputo.
Des résolutions concrètes sur la répartition des postes ont été prises lors de sommet de Maputo III mais Andry Rajoelina a sommé les participants à cette conférence de ne pas revenir à Madagascar, en empêchant l'avion Air Madagascar de décoller depuis l'aéroport d'Ivato. De surcroît, un Notam (Notice To Air Men) ou « messages aux navigants » a été publié par les agences gouvernementales de contrôle de la navigation aérienne de la Haute Autorité de Transition pour signifier la fermeture de l’espace aérien à tous vols en provenance du Mozambique. Une lettre de la HAT a été également envoyée aux autorités d'Afrique du Sud pour interdire une liste de personnalités de prendre un vol en direction de Madagascar.

11 décembre 2009 : Interdiction d’entrée sur le territoire de la République de Madagascar jusqu’à nouvel ordre de 25 personnes, quasiment toutes présentes à la réunion de Maputo III. Mais la note du ministère de la sécurité intérieure contient également des noms de Malgaches qui n’ont pas quitté le territoire national. Une première dans l’histoire !

15 décembre 2009 : Mort d’Olivanna fille de l’ancien Député d’Ambositra de la Mouvance Ratsiraka Heritafika Ratsimbazafy, elle avait douze ans.

17 décembre 2009 : Heritafika Ratsimbazafy « autorisé » à rentrer pour enterrer sa fille.

18 décembre 2009 : Andry Rajoelina déclare caducs les accords internationaux sur le partage du pouvoir.

19 décembre 2009 : Arrivée des trois mouvances à Ivato. Un ancien Président de la République, deux co-Présidents de la transition, et le Président du Congrès de la Transition et toute la délégation n’auront pas droit au salon d’honneur, ni même au salon VIP. Ils seront accueillis par des partisans et des milliers de Malgaches venus spontanément acclamer la fin d’une injustice.

22 décembre 2009 : Andry Rajoelina fait volte-face et renie les accords de Maputo, limoge le Premier Ministre de consensus et menace d'arrestations les autres protagonistes. Il annonce que des élections législatives se tiendront en mars 2010.
Enfermé dans son unilatéralisme et reniant sa propre signature, Andry Rajoelina est en 2010 de nouveau acculé par la Communauté Internationale, notamment, les États-Unis d'Amérique qui dénoncent le « climat d'intimidation » qu'il fait régner à Madagascar et ses violations des droits de l'homme.

11 février 2010 : Le Parlement européen adopte une Texte sur Madagascar. Extrait pour l’histoire :

Le Parlement européen,

1. réitère sa condamnation énergique du processus de la prise de pouvoir à Madagascar par M. Rajoelina, (…) ce qui constitue bel et bien un coup d’État ;

2. condamne fermement la décision de M. Rajoelina d'annuler la nomination d'Eugène Mangalaza comme premier ministre, installé après un accord de partage de pouvoir entre tous les partis politiques au mois d'octobre 2009 ;

3. condamne fermement la décision de M. Rajoelina de boycotter la troisième série de négociations à Maputo au mois de décembre et de se retirer des discussions sur le partage du pouvoir (…)

11. demande qu'en cas de non-respect des engagements pris à Maputo et à Addis-Abeba, des sanctions individuelles et ciblées soient prises sélectivement à l'encontre des dirigeants actuels de la Haute Autorité de Transition (HAT) qui font un blocage délibéré (…). Lire l’intégralité du texte adopté