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Madagascar : toute une histoire !
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G - De la nouvelle organisation constitutionnelle de 1972 à… la proclamation de la République démocratique de Madagascar

Nous sommes en 1972, quelques mois après la révolte estudiantine. Le général Ramanantsoa propose une Constitution provisoire et son maintien au pouvoir pendant 5 ans. Les Malgaches répondent Oui à 94% ! Suivirent alors la substitution de l’Assemblée nationale et du Sénat par le Conseil national populaire pour développement, et surtout la mise en œuvre de la malgachisation de l’économie et de l’enseignement. Mais les difficultés économiques, et la division politique écourtèrent son mandat… En l’espace de 3 ans, Madagascar connaîtra quatre dirigeants, dont le capitaine de Corvette Didier Ratsiraka, élu par le Directoire militaire comme président du Conseil suprême de la Révolution, chef du Gouvernement et chef de l’État. Mais il remet son mandat qui devait courir sur 5 ans en jeu, en soumettant son projet de Constitution et son programme à consultation nationale par voie référendaire… Le 30 décembre 1975 : la République Démocratique de Madagascar est proclamée, sa nouvelle Constitution adoptée, Didier Ratsiraka devient le premier président de la Seconde République. Toute une histoire !

8 octobre 1972 : Référendum. Le général Ramanantsoa propose une Constitution provisoire et son maintien au pouvoir pendant 5 ans. Les institutions représentatives sont supprimées. Le président de la République est destitué. Sur les quelques 3 millions de votants, 96,43% plébiscitent le « Oui ».

Octobre 1972 : L’Assemblée nationale et le Sénat s’éclipsent pour céder la place au Conseil national populaire pour développement (CNPD) présidé par le Pasteur Michel Fety. Le CNPD n’était pas un organe législatif au sens plein du terme. C’était un simple organe consultatif, c’est-à-dire, un cadre légal de dialogue entre le peuple et les gouvernants.

7 novembre 1972 :

entrée en vigueur de la Loi constitutionnelle adoptée par référendum en octobre et se prononcent à 96,43% pour le départ de Philibert Tsiranana

Le Général Gabriel Ramanantsoa (13 avril 1906 – 9 mai 1979):

Saint-Cyrien, ancien Chef d'État-major, Général des armées,

ancien Premier ministre du Président Tsiranana,

devient officiellement Chef d’Etat et Chef du Gouvernement de Madagascar.

Le général Ramanantsoa reçoit les pleins pouvoirs : il instaure une nouvelle organisation constitutionnelle et procède à la malgachisation de l’économie et de l’enseignement. Il entend faire de la communauté rurale de base, le fokonolona, l’élément fondamental de l’administration autogérée du pays.

2 mars 1973 : Création du parti « Vonjy iray tsy mivaky ».

4 juin 1973 : Signature à Paris par Didier Ratsiraka, alors ministre des Affaires étrangères, du Nouvel Accord général, des Conventions et des dispositions de coopération révisées en janvier entre Madagascar et la France. Madagascar sort de la zone franc.

Septembre 1973 : Départ des forces françaises basées à Madagascar.

31 décembre 1974 : Tentative de coup d’État du colonel Rajaonarison.

1975 : La situation économique ne s’améliorant pas et l’équipe au pouvoir se révélant divisée.

5 février 1975 :

Face à la crise politique, le général Ramanantsoa transfère les pleins pouvoirs à son Ministre de l'Intérieur le Colonel de Gendarmerie Ratsimandrava (21 mars 1931 – 11 février 1975). Qui répond : « Tsy miamboho adidy aho mon Général. » (Mon général, je ne tourne pas le dos au devoir, j’accepte ! Notre traduction).

Ancien de Saint-Cyr, de Coëtquidan et de l’École des officiers de gendarmerie à Melun qui a porté les couleurs de la France au Maroc et en Algérie, Commandant de la gendarmerie malgache, membre du gouvernement Ramanantsoa, le Colonel Ratsimandrava devient le Chef d’état et Chef de gouvernement de la République de Madagascar.
Il cumule alors les fonctions de Chef d’État, Premier Ministre, ministre de la Défense nationale et du Plan. Il établit une politique fondée sur : (i) Un développement national par les « fokonolona », (ii) la malgachisation de l'économie sans inégalités, (iii) et la décentralisation des pouvoirs.

12 février 1975 :

Suite à l’assassinat du colonel Ratsimandrava, un directoire militaire de dix-huit officiers émanant de toutes les armes des six provinces du pays et représentant toutes les tendances politiques, à l'exception du PSM et de l'extrême gauche, est créé afin de résoudre la crise politique. Celui-ci instaure la loi martiale, interdit toute activité politique et suspend les partis politiques.

Par son état d’officier le plus ancien dans le grade le plus élevé du directoire, nomination en tant que président du Comité national militaire de la République de Madagascar du Général Gilles Andriamahazo (5 mai 1919 – 13 septembre 1989). Madagascar entre dans une nouvelle transition.
Ancien sous-officier au sein des Forces françaises libres durant la seconde Guerre Mondiale et ancien de l’Algérie, il devient sous Tsiranana gouverneur militaire de la capitale avant d’intégrer le gouvernement Ramanantsoa en tant que ministre de l’Aménagement du territoire (1972 – 1974).

13 février 1975 : Les tensions continuent à travers tout le pays : des mutins s'engagent dans des violences.

14 février 1975 : La reddition des mutineries permet la fin des combats. Un des responsables présumés des troubles, M. André Resampa (ancien Ministre de l’intérieur puis Vice Président de Tsiranana, co-fondateur et secrétaire général du PSD), est arrêté.

21 mars 1975 : un procès est alors ouvert pour juger les personnes impliquées dans les évènements : le Président Tsiranana en fait partie.

12 juin 1975 : 30 des inculpés sont acquittés dont André Resampa et le Président Tsiranana.

15 juin 1975 :

Élection du capitaine de Corvette Didier Ratsiraka (4 novembre 1936), par le Directoire militaire comme président du Conseil suprême de la Révolution, chef du Gouvernement et chef de l’État (16 voies sur 18).
Ancien de l’École Navale de Brest, de la filière Droit, économie politique et institutions financières internationale de la Sorbonne, de l’École supérieure des transmissions des Bormettes à Toulon, ancien Attaché militaire à l’Ambassade de Madagascar à Paris avant de devenir ministre des affaires étrangères de Ramanantsoa, le signataire des Accords de coopération avec la France, devient Président du conseil suprême de la Révolution.
Mais il remet son mandat qui devait courir sur 5 ans en jeu, en soumettant son projet de Constitution et son programme à consultation nationale par voie référendaire.

21 décembre 1975 : Approbation de la Charte de la révolution socialiste malgache et de l'institution de la seconde République par un référendum (95,57%). Sur le plan international, Didier Ratsiraka devenu Président de la République Démocratique Malgache prône une politique tous azimuts.

30 décembre 1975 : Promulgation de la nouvelle Constitution et proclamation de la République Démocratique de Madagascar.

4 janvier 1976 : Didier Ratsiraka devient le premier président de la 2ème République, deuxième Président de Madagascar fondateur de la République Démocratique de Madagascar.