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Madagascar : toute une histoire !
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D – De la persistance des visées françaises à l’expérience de colonisation, en passant par la formation du fokonolona

Nous sommes au milieu du XVIIIe siècle, le comte de Modave tente de réanimer l’établissement de Fort-Dauphin, dans une expérience de colonisation inspirée des principes des philosophes. Suivirent alors d’autres expériences particulières : réaffirmer l’autorité du roi de France, l’Imerina foulé par un Européen, usurpation de trône pour régner et unifier… Madagascar connaîtra son premier Roi de par un Traité anglo-malgache !!! Et plus tard la stabilité de ce royaume amènera un premier Ministre, Rainilaiarivony à épouser trois reines. Mais, « trois mariages et beaucoup d’enterrements » ne suffiront pas à contrer la colonisation… En 1857, la royauté est abolie, l’Angleterre a auparavant reconnu le protectorat français pour le dossier portant le nom de Madagascar… Mais cette époque a aussi vu la naissance d’une unité administrative qui marquera la grande île : le fokonolonaToute une histoire !

1774-1786 : Un aventurier, le baron Mauritius de Benyowski, qui s’était fait octroyer la mission officielle de réaffirmer l’autorité du roi de France sur Madagascar, s’installe à la baie d’Antongil. Il se fait proclamer " empereur de Madagascar ".Il est finalement tué par un détachement envoyé de l’île de France, où l’on s’inquiétait de ses manœuvres. Cependant Benyowski a favorisé les voyages de traitants français vers l’intérieur. Nicolas Mayeur accomplit plusieurs voyages, en 1774, 1777, 1785 : il fut le premier Européen à pénétrer en Imerina.

7 juillet 1775 : Nicolas Mayeur conclu avec le roi des Antakarana Lamboeny au village et port d’Ambodibonera, une alliance de protection contre les attaques des Sakalava de Boeny.

1780 : Le pouvoir passe aux femmes avec Ravahiny dans le Boina. Avènement de Raindratsara. Il partage le Lalangina en 3 provinces. Incursions Sihanaka et Bezanozano en pays Merina.

Vers 1785 : Le neveu du roi d’Ambohimanga (un des quatre petits souverains de l’Imerina) usurpe le trône et réussit ensuite, par de longues guerres, à éliminer les autres rois et à rétablir l’unité de l’Imerina.Il prend le nom d’Andrinampoinimerina (« le seigneur au cœur de l’Imerina »). Il impose une autorité absolue, établit une administration solide, réorganise l’armée, apporte la prospérité en développant la riziculture (le système des digues est restauré).

Décadence du Lalangina. Le Manandriana se place sous le protectorat Merina. Annexion du Vakinankaratra par Andrianampoinimerina. Andriamanalina III (Isandra), Andriambavizanaka (Lalangina) et Rarivoarindrano (Tsienimparihy) acceptent le protectorat Merina. Andriajomoina (Bezanozano) accepte la suzeraineté Merina.

Les relations avec les traitants européens sont limitées à l’achat de fusils en échange d’esclaves. Le roi étend son domaine royal en soumettant l’Imamo, le Vakinankaratra et trois des royaumes Betsileo. À sa mort, il laisse à son fils la mission de continuer l’unification politique de l’île : « la mer sera la limite de ma rizière », déclare son testament.

 

XIXe siècle : L’expansion Merina menace le Menabe

 

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1807 : Mort de Miakala (Menabe). Mort de Ravahiny (Boina)

1807 – 1834 : Règne de Ramitraho (Menabe)

1810 : Sylvain Roux représente officiellement la France à Tamatave. Mort d’Andrianampoinimerina.

1810-1828 : Radama Ier succède à son père Andrianampoinimerina entreprend de conquérir l’île toute entière aidé par les britanniques.

1815 : Expédition de Radama Ier dans le Vohibato. Le Capitaine Lesage arrive à Antananarivo. Première expédition de Radama Ier sur la Cote Est.

1817 : Il s’empare de Tamatave, 1822 du Menabe ; il contrôle le pays betsimisaraka en 1823, le Boina en 1824 il occupe les royaumes Antaimoro et Antaisaka, le comptoir de Fort-Dauphin et l’extrême-nord. Les Français ne disposent plus que du comptoir de l’île Sainte-Marie (seuls les peuples de la pointe sud de l’île et une partie des Sakalava demeurent indépendants).

1817 et 1820 : Traités anglo-malgaches reconnaissant Radama 1er roi de Madagascar.

1822 – 1832 : Règne d’Andriantsoly (Boina).

1823 : Révolte Générale en Pays Betsimisaraka. Seconde Expédition de Radama Ier sur la Côte Est. Radama Ier dans le Nord de Madagascar. Troisième Expédition de Radama Ier dans le Menabe. Expédition de Radama Ier dans le Boina.

1825 : Révolte Générale dans le Menabe et le Boina.

14 mars 1825 : Ramananolona s’empare de Fort-Dauphin.

1826 - 1861 : Règne de Rajoakarivony Ier (Isandra).

1828 : Retour d’Andriantsoly de Zanzibar. L’anglais Lyall quitte Antananarivo. Gourbeyre s’empare de Tintingue. Fondation de Fianarantsoa. Les Français évacuent Tintingue.

1828-1861 : Ranavalona 1ère, une des épouses de Radama I lui succède grâce au soutien de l’oligarchie des chefs de clans, qui est plutôt hostile aux nouveautés. La reine a une politique très traditionaliste, anti-européenne et antichrétienne. Les missionnaires sont chassés, les chrétiens persécutés.

Fin juillet 1829 : L'ultimatum envoyé à Ranavalona Ière étant resté sans réponse, les Français par expédition commandée par le capitaine de vaisseau Gourbeyre, bombardent Tamatave. L'expédition éprouva devant Foulpointe un échec que ne répara pas la destruction du fort de Pointe à Larrée.

1832 – 1836 : Règne de Oantitsy (Boina).

1834 – 1837 : Règne de Kelisambay (Menabe).

1834 : Raihasy se place sous le Suzaraineté à Mahabo.

1er mars 1835 : Expulsion des Missionnaires d’Antananarivo.

1835 - 1852 : Rainiharo Premier ministre.

1835 : Sous la direction de Jean Laborde, un embryon d’industrialisation se met en place produisant du savon, de la porcelaine, verre, faïence, produits chimiques, soie, etc… Mais aussi des outils en métaux, ainsi que des armes à feu (fusils, canons, poudre, etc.).

1838 ou 1850 : Fondation du Royaume Bara d’Ankazoabo.

1841 : Protectorat français sur Nosy Be

13 Mai 1845 : Une loi de 1845 assujettit les commerçants fixés dans l'île aux mêmes obligations que les sujets Merina ; onze Français et douze Anglais furent expulsés de Tamatave (Toamasina). Expulsion des étrangers de Madagascar.

15 juin 1845 : Bombardement de Tamatave par l’Anglais Kelly et le Français Romains Desfossés. Mais une tentative de débarquement échoua ; la détermination des Merina en fut accrue, et ils massacrèrent les chrétiens indigènes. Madagascar resta pendant huit ans fermé au commerce européen.

1849 : La grande persécution religieuse.

1852 : Rainijohary Premier Ministre. Révolte Tanosy.

1853 : Reprise des relations commerciales entre Madagascar et Maurice.

1854 : L’aventurier Joseph François Lambert se rend à Madagascar

28 juin 1855 : Le Prince Rakoto (futur Roi Radama II) lui aurait signé en secret (selon l’aventurier) la charte Lambert lui conférant tous droits sur les mines, le bois et les terrains non habités. Son traité en main Lambert fit le tour des cours européennes pour avoir de l’aide afin de destituer la reine Ranavalona I. sans aide officielle de Londres ou de Paris, il retourne à Madagascar.

1856 : Ce traité fut révélé au grand jour par le pasteur William Ellis de passage à Antananarivo.

20 juin 1857 : Coup d’état manqué, la reine exécute tous les locaux impliqués et expulse tous les Européens.

1860 : La reine Naharova (Menabe) signe un traité franco–sakalava.

1861-1892 : Règne de Rajoakarivony II (Sandra).

1861-1863 : Radama II fils de Ranavalona 1ere devient Roi. Celui ci va à l'en contre de la politique de sa mère et proclame liberté de pensée et de culte. Il ouvre toutes grandes les portes du royaume aux influences étrangères. Mais, l’oligarchie, inquiète de l’européanisation à marches forcées, fait étrangler le roi (le 12 Mai 1863).

12 septembre 1862 : Traité franco–malgache.

1863 : Le Premier Ministre Raharo révoque le traité Lambert. Son épouse, Rasoherina, succède à Radama II.

1864-1895 : Rainilaiarivony Premier ministre épousa les trois reines (Rasoherina de 1863-1868, Ranavalona II de 1868 à 1883, et Ranavalona III de 1883-1896) et régna à leur place.

27 juin 1865 : Traité anglo–malgache.

2 août 1868 : Proclamation du « Code des 101 articles ».

8 août 1868 : Second traité franco–malgache autorisant les Français à acquérir des terres et stipulant la liberté de l'enseignement catholique. Mais, en même temps, le Premier ministre décrétait l'interdiction de vendre des terres aux étrangers et rendait l'enseignement protestant obligatoire.

1873 : Promulgation du code Betsileo des 118 articles en Isandra.

1876 – 1879 : Réformes militaires.

1878 : Institution des Sakaizambohitra.

1881 : Adoption du « Code des 305 articles » qui, tout en respectant la tradition, introduisait des novations remarquables : réforme de la justice, abolissant le poison d’épreuves ; suppression de la polygamie ; instauration de l’état-civil. Les bases d’un État et d’un gouvernement modernes étaient créées. Des fonctionnaires administraient les villages. L’enseignement, confié aux missions, devenait obligatoire.

13 Mars 1883 : Traité américano-malgache.

19 Mars 1883 : Nouveau traité anglo-malgache.

1883-1885 : Un conflit éclate avec la France. Celle-ci prétend faire respecter des droits anciens, les catholiques dénoncent les anciennes persécutions religieuses, les Réunionnais voient dans la grande île, le lieu idéal de leur expansion. Les Français sous le commandement de l’Amiral Pierre occupent Majunga (15 Mai 1883) et Tamatave (11 Juin 1883).

Le 9 juin 1883 : L'amiral Pierre recevait une réponse négative de la reine à son ultimatum ; le lendemain la ville était bombardée. Sur ces entrefaites, mourut la reine Ranavalo II le 14 juillet.

22 novembre 1883 : La reine Ranavalona III, petite-nièce de Radama Ier, épouse le premier ministre.

1884 : Rénovation des fokonolona.

10 septembre 1885 : La France attaqua les camps retranchés de Farafate, à 6 kilomètres de Tamatave, mais les Merina avaient eu le temps de préparer la résistance, et les Français éprouvèrent un échec.

1884-1885 : Conférence de Berlin, partage de l'Afrique par les Européens

La conférence de Berlin fut l’organisation et la collaboration européenne pour le partage et la division de l’Afrique. Cette conférence débuta le 15 novembre 1884 à Berlin et finit le 26 février 1885. À l'initiative de Bismarck, l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, la France, le Royaume-Uni, l’Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la Russie, la Suède-Norvège et la Turquie ainsi que les États-Unis y participèrent. Une conférence antérieure initialisa le débat sur la conquête des Congos et amorça ainsi le début des luttes coloniales. La conférence de Berlin aboutit donc à édicter les règles officielles de colonisation. L’impact direct sur les colonies fut une vague européenne de signature de traités.

17 Décembre 1885 : Protectorat français sur Madagascar. Le traité de 1885 établit un statut de quasi-protectorat, avec un résident français à Tananarive, qui « préside aux relations extérieures ». L’Angleterre reconnaît le « protectorat français ». La France était représentée par le contre-amiral Miot et Patrimonio ; la reine de Madagascar l'était par un sujet anglais, Digby Willoughby, commandant des troupes malgaches.

14 mai 1886 : Le premier résident général, Le Myre de Vilers, arrive à Tananarive.

15 septembre 1887 : Inauguration d'une ligne télégraphique de Tamatave à Tananarive obtenu par Le Myre de Vilers gâce à la concession d'un emprunt de la France à Madagascar. Sur les 15 millions prêtés par le Comptoir d'escompte de Paris, 10 furent versés au gouvernement français pour le paiement de la contribution de guerre. Le consul d'Angleterre ayant demandé l'exequatur, non au résident général, conformément au traité, mais au premier ministre, celui-ci opposa des fins de non-recevoir à Le Myre de Vilers ; le résident amena son pavillon, ce qui rétablit la bonne entente.

Janvier 1890 : Prise de Soalary par le prince Ramahatra.

5 août 1890 : Accord franco-anglais sur le partage de Madagascar et de Zanzibar.

En 1890 : Le Premier ministre Rainilaiarivony défend l’intégrité de son pouvoir. Le désordre gagne, d’autant plus que la France encourage le séparatisme des Sakalava (dès 1841, l’île de Nosy Be s’était placée sous la protection de la France).

1894 : Après un ultimatum adressé au Premier ministre, la Chambre des Députés française vote une expédition militaire.

12 décembre 1894 : Prise de Tamatave par le commandant Bienaimé.

14 janvier 1895 : Débarquement à Majunga des troupes françaises du Commandant Bienaimé. La marche vers la capitale Merina est considérablement ralentie par la mauvaise organisation de l’expédition et par les fièvres (6 000 morts sur les 15 000 du corps expéditionnaire).

6 mai 1895 : Le général Duchesne, commandant en chef du corps expéditionnaire, débarque à Majunga où il établit son quartier général.

9 juin 1895 : La première brigade occupe Mevatanane et Suberbieville. Ainsi se termine la première partie de la campagne de Madagascar.

28 juin 1895 : Le général Rainianjalahy livre la bataille de Tsarasaotra poste avancé français à 20 km au Sud de Mevatanana. Le commandant Lentonnet les repoussa plusieurs milliers de Merina qui les attaquaient. Le général Metzinger arriva à Tsarasaotra dans la soirée et attaqua à son tour les Merina, qui occupaient la mont Beritza, à 10 km, à l'Est de Tsarasaotra. La position fut enlevée et les Merina, rejetés dans les ravins, éprouvèrent de grandes pertes ; les Français s'en tiraient avec seulement 2 tués et 45 blessés. Grâce à cette victoire, ils étaient maîtres de la ligne de faîte qui sépare le bassin de l'Ikopa de celui de son affluent, le Betsiboka.

27 août 1895 : Bataille d’Andriba.

30 septembre 1895 : Tananarive est occupée, le Premier ministre est déporté en octobre 1895, la reine maintenue sous la tutelle d’un protectorat effectif. Mais le chaos gagne le pays. Les peuples soumis par les Merina s’émancipent. Une insurrection populaire (le mouvement des Menalamba) embrase les campagnes, au nom de la tradition, contre les innovations modernistes et la mainmise étrangère.

1er octobre 1895 : « Protectorat ». Le traité enlève à la monarchie tout pouvoir au profit du Résident Général. Les affaires malgaches sont désormais sous l’autorité du ministre des Affaires étrangères de la France.

Novembre 1895 : Deux mois à peine après la capitulation de Ranavalona III, l'insurrection qui avait débuté à l'ouest de Tananarive avec quelques partisans gagne du terrain pour former le mouvement Menalamba – « les toges rouges » - qui s'étend en plusieurs endroits à travers le pays… Cette insurrection est d'abord une révolte des éléments les plus traditionalistes contre les chrétiens et l'oligarchie Merina qui s'est révélée incapable de préserver le pays et la reine face à l'occupant français… Elle se transforme ensuite en continuation de la guerre contre l'occupant

La pacification est menée par Gallieni. Lui-même avouera avoir eu « la main lourde », les massacres perpétrés notamment par le colonel Combes dans l’Est, le commandant Gérard dans l'Ouest, contribueront à faire de ce mouvement un des emblèmes du sentiment national malgache.

14 décembre 1895 : Un décret du ministère Bourgeois transfert les Affaires malgaches sous la coupe du ministre des Colonies.

Fin 1895 : Insurrection de Rainizafivoavy.

28 janvier 1896 : Les Etablissements français de Diego Suarez, de Nosy be et de Sainte-Marie, sont placés sous l’autorité directe du Résident général à Madagascar, établi à Antananarivo.

Mars 1896 : Insurrections de Rabozaka, Rabezavana et Rainibetsimisaraka.

Juillet 1896 : Insurrection de Rataizambahoaka

6 août 1896 : Le Parlement français vote l’annexion de Madagascar et déclare Madagascar colonie à part entière. Le général Gallieni prend les rennes du pays. Les malgaches deviennent dès 1896 « sujets Français » mais non citoyens, n'ayant aucun droit politique.

26 septembre 1896 : Abolition de l’esclavage par Le Résident Général Hippolyte Laroche (1 décembre 1895 - 28 septembre 1896)

27 septembre 1896 : Arrivée du général Gallieni à Tananarive. Il devient Résident Général du 28 septembre 1896 au 31 juillet 1897.

28 février 1897 : Abolition de la royauté. La Reine Ranavalona III envoyée en exile en Alger.

Juillet - Août 1897 : Premières opérations du Menabe.

Novembre 1897 : Pacification du centre Nord et du Nord-Ouest.

1897 – 1898 : Pacification du centre Sud. L’un des principaux points d’appui de la colonisation française dans la région est érigé dans la Baie de St Augustin.

Février 1898 : Fin de la pacification de l’Imerina.

Mars 1900 : Soumission du Menabe.

Fin 1900 : Début des travaux de la ligne Ferroviaire.

Janvier 1901 : Pénétration dans le sud par le lieutenant-colonel Louis Hubert Gonzalve Lyautey.

Mai 1902 : Officialisation des fokonolona.

9 mars 1902 : Création de la justice indigène.

30 octobre 1904 : Réglementation de l’indigénat.

Novembre 1904 : Insurrection du Sud.