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Madagascar : toute une histoire !
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M – De la mauvaise gouvernance à l’entêtement de ses gouvernants à imposer leur régime illégal : Madagascar condamné à un avenir sombre, la démocratie fortement menacée !!!

Nous sommes le 11 février 2010, le Parlement européen vient d’adopter un texte de résolution pour la crise à Madagascar. Il retrace les heures sombres qu’a traversées la grande île à cause de ses dirigeants. Depuis l’autoproclamation d’Andry Rajoelina, Madagascar est au centre de condamnations, fait l’objet de suspensions d’aide, et de financements du développement… Pendant que le peuple affronte des difficultés quotidiennes, ses gouvernants sont pointés du doigt pour des trafics en tous genres qui leur rapporte des « millions de dollars », aussi et surtout : pour une mauvaise gouvernance. Le Parlement européen utilise l’expression de « blocage délibéré » à la sortie de crise de la part des dirigeants de la HAT… En effet, Andry Rajoelina renie sa signature des Accords de Maputo, et défie la communauté internationale en menant des actions unilatérales… Certains analystes argumentent que la HAT essaie surtout de gagner du temps pour mener à bien ses propres affaires qui sont loin d’être uniquement celles de l’état. Et, une première dans l’Histoire, le texte adopté par ce 11 février réitère sa condamnation de la prise de pouvoir d’Andry Rajoelina et demande des sanctions individualisées et ciblées à son encontre et aux dirigeants du régime illégal. Toute une histoire !

30 mars 2009 : Exclusion de Madagascar de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC).

Suivirent la condamnation de l’Union Européenne, la France, les États-Unis…

3 juin 2009 : Condamnation par contumace à 4 ans de prison de Marc Ravalomanana.

5 – 9 août 2009 : Sommet de Maputo (Mozambique) entre les trois anciens présidents et le président de la transition. Signature d'un accord de sortie de crise prévoyant la mise en place d'un gouvernement de transition.

25 – 27 août 2009 : Sommet de Maputo II (Mozambique) entre les quatre leaders sur la formation du gouvernement de transition.

Septembre 2009 : La 64ème session de l'assemblée générale de l’ONU intègre Andry Rajoelina président de la HAT de la République de Madagascar, mais la SADC par son représentant s'oppose à sa prise de parole, au même titre qu’un président élu, comme veut la tradition onusienne.

Octobre 2009 : Le Groupe international de contact propose l'application partielle des accords de Maputo, au Carlton hôtel d'Antananarivo le 6 octobre. Eugène Mangalaza devient Premier ministre le 10 octobre 2009. Mais cette proposition est incomplète car les chefs des 4 mouvances n'ont pas signé le texte. La réunion des 4 mouvances va se dérouler à Addis-Abeba en Éthiopie du 3 au 6 novembre 2009.

3 au 8 décembre 2009 : Sommet de Maputo III : Refus de Andry Rajoelina par voix de presse d’honorer l’invitation écrite du Président Joachim Chissano Chef de l’Équipe internationale de médiation pour Madagascar et du Président de la République du Mozambique Armando Guebuza. Son absence coûtera chère à Madagascar. Sa volonté d’imposer un régime illégal, plongeant Madagascar dans un présent et un avenir sombre (insécurité, chômage, crise socio-économique, instabilité politique…).

8 décembre 2009 : La délégation malgache qui a répondu favorablement à l’invitation de la communauté internationale est bloquée à Maputo.
Des résolutions concrètes sur la répartition des postes ont été prises lors de sommet de Maputo III mais Andry Rajoelina a sommé les participants à cette conférence de ne pas revenir à Madagascar, en empêchant l'avion Air Madagascar de décoller depuis l'aéroport d'Ivato. De surcroît, un Notam (Notice To Air Men) ou « messages aux navigants » a été publié par les agences gouvernementales de contrôle de la navigation aérienne de la Haute Autorité de Transition pour signifier la fermeture de l’espace aérien à tous vols en provenance du Mozambique. Une lettre de la HAT a été également envoyée aux autorités d'Afrique du Sud pour interdire une liste de personnalités de prendre un vol en direction de Madagascar.

11 décembre 2009 : Interdiction d’entrée sur le territoire de la République de Madagascar jusqu’à nouvel ordre de 25 personnes, quasiment toutes présentes à la réunion de Maputo III. Mais la note du ministère de la sécurité intérieure contient également des noms de Malgaches qui n’ont pas quitté le territoire national. Une première dans l’histoire !

15 décembre 2009 : Mort d’Olivanna fille de l’ancien Député d’Ambositra de la Mouvance Ratsiraka Heritafika Ratsimbazafy, elle avait douze ans.

17 décembre 2009 : Heritafika Ratsimbazafy « autorisé » à rentrer pour enterrer sa fille.

18 décembre 2009 : Andry Rajoelina déclare caducs les accords internationaux sur le partage du pouvoir.

19 décembre 2009 : Arrivée des trois mouvances à Ivato. Un ancien Président de la République, deux co-Présidents de la transition, et le Président du Congrès de la Transition et toute la délégation n’auront pas droit au salon d’honneur, ni même au salon VIP. Ils seront accueillis par des partisans et des milliers de Malgaches venus spontanément acclamer la fin d’une injustice.

22 décembre 2009 : Andry Rajoelina fait volte-face et renie les accords de Maputo, limoge le Premier Ministre de consensus et menace d'arrestations les autres protagonistes. Il annonce que des élections législatives se tiendront en mars 2010.
Enfermé dans son unilatéralisme et reniant sa propre signature, Andry Rajoelina est en 2010 de nouveau acculé par la Communauté Internationale, notamment, les États-Unis d'Amérique qui dénoncent le « climat d'intimidation » qu'il fait régner à Madagascar et ses violations des droits de l'homme.

11 février 2010 : Le Parlement européen adopte une Texte sur Madagascar. Extrait pour l’histoire :

Le Parlement européen,

1. réitère sa condamnation énergique du processus de la prise de pouvoir à Madagascar par M. Rajoelina, (…) ce qui constitue bel et bien un coup d’État ;

2. condamne fermement la décision de M. Rajoelina d'annuler la nomination d'Eugène Mangalaza comme premier ministre, installé après un accord de partage de pouvoir entre tous les partis politiques au mois d'octobre 2009 ;

3. condamne fermement la décision de M. Rajoelina de boycotter la troisième série de négociations à Maputo au mois de décembre et de se retirer des discussions sur le partage du pouvoir (…)

11. demande qu'en cas de non-respect des engagements pris à Maputo et à Addis-Abeba, des sanctions individuelles et ciblées soient prises sélectivement à l'encontre des dirigeants actuels de la Haute Autorité de Transition (HAT) qui font un blocage délibéré (…). Lire l’intégralité du texte adopté