Index de l'article
Madagascar : toute une histoire !
A
B
C
D
E
F
G
H
I
J
K
L
M
Toutes les pages

J – De la forte dévaluation de la monnaie à l’empêchement du Président Albert Zafy : ses compagnons d’hier deviennent ses bourreaux…

Nous sommes en 1993, c’est la 3ème République ! En 4 ans, la présidence du Professeur Albert Zafy est fortement marquée par une instabilité politique : huit gouvernements, et trois Premiers ministres en trois ans. Un Référendum prive le Parlement de la nomination du Premier ministre, le gouvernement ambitionne de chercher une autre voie pour le développement : le financement parallèle… La monnaie perd 60% de sa valeur… En période de trouble le président est lâché par ses « compagnons » politiques… Avec effet miroir sur les évènements deux ans auparavant, les noms de certains politiciens malgaches – qui se sont découverts une vocation : « participer au renversement d’un régime, installer un nouveau, et quitter le bateau quand l’eau est trouble » prenant pour eux la loi du Talion et inversant la vapeur – circulent dans les salons tant nationaux qu’internationaux… L’histoire se souvient que la plupart d’entre eux seront présents aux côtés du plus jeune putschiste au monde, qui est Malgache répondant au nom de Andry Rajoelina, un peu plus tard en mars 2009… Toute une histoire !

17 septembre 1995 : Référendum constitutionnel avec 63,56% de « Oui » : le Parlement n’a plus le droit d’élire le Premier ministre, qui sera nommé et renvoyé par le Président. Peu de temps après, Albert Zafy applique la règle et se sépare de son premier Ministre Francisque Ravony.

30 octobre 1995 : Emmanuel Rakotovahiny est nommé Premier ministre, mais il ne réussit pas à ramener l’ordre politique. Le nombre de mécontents et d’opposants au régime augmente.

5 novembre 1995 : élections municipales. Les candidats d’opposition remportent les mairies des principales villes.

6 novembre1995 : Incendie sans doute criminel du palais de la reine à Tana.

1996 : Au début de l’année, certains dirigeants du régime en viennent à réclamer le départ d’Emmanuel Rakotovahiny et de son ministre des Finances. Le président Zafy refuse de trancher la question.

Avril 1996 : Les vieux compagnons de route du président quittent la «mouvance présidentielle» : les Forces Vives Rasalama, l’AKFM Fanavaozana de Richard Andriamanjato, le VVSV de Daniel Ramaromisa, l’Élan populaire pour l’unité nationale de Marojama Razanabahiny et le Parti social-démocrate de Ruffine Tsiranana.

28 mai 1996 : Norbert Ratsirahonana est Premier ministre et constitue son gouvernement.

5 septembre 1996 : Moins chanceux que son homologue américain qui réussit de justesse à éviter un empêchement par le Congrès, Zafy Albert tombe sous le couperet de l’empêchement par son Assemblée Nationale… Destitution de Zafy par la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) la gestion du pouvoir étant confiée en intérim au Premier ministre Norbert Ratsirahonana.