Démarche FFKM: Reconnaissance internationale acquise

La démarche initiée par le conseil œcuménique des Eglises chrétiennes pour débloquer la crise, afin de réconcilier les divergences, a eu la bénédiction de la médiation internationale, laquelle semble être à bout de souffle depuis un certain temps pour trouver la sortie de l’impasse du pays.

Une lettre officielle émanant de la SADC, l’organisation sous-régionale chargée de la médiation à la crise, a signifié le soutien qu’elle accorde au projet de réconciliation initiée par le conseil œcuménique des Eglises chrétiennes. « Le bureau de liaison de la communauté de développement d’Afrique Australe (SADC) à Madagascar présente ses compliments au conseil œcuménique des Eglises chrétiennes de Madagascar (FFKM) », souligne la lettre de la SADC. Elle donne ainsi sa bénédiction à la conférence réservée aux anciens présidents dont Zafy Albert, Didier Ratsiraka et Marc Ravalomanana, avec l’ancien maire de Tanà, Andry Nirina Rajoelina. Une rencontre misée sur la participation physique des quatre manitous face aux quatre chefs d’Eglise, Endor Modeste Rakoto, Odon Marie Arsène Razanakolona, Samoela Jaona Ranarivelo et Lala Rasendrahasina. La réunion pour une réconciliation a débuté hier par un long débat sur les modalités de rapatriement de Marc Ravalomanana, en exil en Afrique du sud.

La lettre a fait mention d’une réunion entre le président du FFKM, Monseigneur Odon Marie Razanakololona, avec le bureau de liaison de la SADC le 20 juin dernier à Andohalo. La lettre de la SADC d’hier a coupé court aux rumeurs, sur l’absence de crédibilité internationale à l’initiative du conseil œcuménique des Eglises chrétiennes, qui couraient depuis des mois. Beaucoup d’acteurs politiques, dont la plupart sont les partisans d’Andry Nirina Rajoelina, avaient essayé de dénigrer le projet de réconciliation de l’Eglise en s’appuyant sur cette thèse. Une reconnaissance internationale est maintenant acquise pour la cause du FFKM, au vu et au su de tous. « Le président de la Troika de la SADC pense que le moment est opportun pour l’organisation d’une rencontre entre le président de la transition et les trois anciens chefs d’Etat de Madagascar », affirme la lettre de la SADC. Une réconciliation des principaux acteurs de la crise s’avère alors indéniable dans la mesure où la solution espérée par la feuille de route est en train de s’effondrer. Le document de sortie de crise, signé par plusieurs entités politiques en septembre 2011, élaboré par les acteurs politiques, sous l’égide de la médiation internationale, n’arrive plus à débloquer la situation. Au contraire, il avait conduit le pays à toucher le fond.

Pourtant, la SADC, toujours réticente à un probable retour de Marc Ravalomanana au pays, « voudrait ainsi que les conditions nécessaires soient remplies pour que l’ancien président puisse rentrer au pays en toute sécurité », selon la lettre. En réalité, ce sont les chefs militaires malgaches qui s’opposent farouchement au retour d’exil de l’ancien président.