Légalité : La CES est mal partie !

« À qui veut-on faire croire que le pays pourra avoir droit à des élections crédibles et équitables ? »

Se farcir un communiqué maison pour tenter de limiter les dégâts suite à un dépôt visiblement tardif de candidature d’Andry Nirina Rajoelina n’est pas en l’honneur d’une institution toute neuve qui a pour vocation de décider strictement en toute légalité.

N’importe quel spécialiste du Droit vous le dira : « Lorsque la Loi est claire, elle ne s’interprète pas… » Et çà ne se discute pas ! Le recours à des jurisprudences imaginaires relève purement de l’illégal et de la complaisance auxquels nous avaient malheureusement habitués les acteurs politiques de la magistrature depuis les investitures à grand spectacle du 22 février 2002, du 21 mars 2009…Sauf que cette fois, on a pris un ancien de la H.C.C « ressuscitée » pour en faire une nouvelle tête d’institutionAvec le tollé qu’avait provoqué ce que la B.B.C avait considéré comme la « grosse surprise de la journée », le lendemain de la clôture officielle du dépôt de candidatures pour la prochaine élection présidentielle, la branche purement électorale de la Haute Cour Constitutionnelle a pris le parti de préciser officiellement par affichage les détails de la publication du nom d’un retardataire célèbre. Que peut-on attendre de plus d’une juridiction dirigée quelques magistrats dont la plupart furent mêlés aux coups d’État successifs qui, depuis le début des années 1990 ont favorisé des alternances extraconstitutionnelles ? Il se trouve qu’une succession de textes et de lois organiques vicieux avait permis et favorisait une foule d’infractions commise par des membres d’institutions et de hauts magistrats. Ce n’est pas pour rien que le corps de la magistrature, scandalisé par cette foule d’actes de parjure, aurait (le conditionnel est de rigueur, faute de communication officielle) exigé la démission des membres de cette cour en infraction vis-à-vis des lois en vigueur.

Le constat ne saurait se limiter à ces faits lorsque des candidats traînent les pieds pour démissionner de leurs postes institutionnels et administratifs conformément à la Loi. Ils se promènent à travers le pays avec les prérogatives étatiques qu’ils foulent aux pieds. Déjà avant le dépôt des candidatures, les Edgar Razafindravahy, les Hajo Andrianainarivelo et autres se permettaient des tas d’abus dans leurs agissements pour séduire les électeurs. Mais le plus grave a été le fait d’avoir rassemblé des maires venant des régions pour séjourner dans la capitale et entourer le P.D.S d’Antananarivo. Et personne jusqu’à ce jour n’avait osé réagir en toute légalité pour mettre en cause Edgar Razafindravahy que tout le monde a vu s’entourer de ces autorités locales pour le dépôt de sa candidature, au vu et au su de la terre entière. À qui fera-t-on croire que c’est avec cet instrument juridictionnel que le pays pourra avoir droit à des élections crédibles et équitables ?

La Nation