Madagascar: des gangsters au pouvoir !

Faut-il vraiment que des mares de sang éclaboussent les écrans de télévision des grandes puissances bien pensantes pour que la communauté internationale réalise enfin qu’un pays tout entier se trouve sous la férule d’une oligarchie ploutocratique avide ? Ce que Bernard-Henry Lévy considère ailleurs comme une goutte d’injustice, pour le moment, reste et demeure une torture permanente, pour tout un peuple suffisamment soumis. Derrières les apparences d’une crise persistante, une bande de faiseurs passent leur temps à piller Madagascar.

A force de subir les continuelles privations, les mesures oppressives et répressives, plus personne là-bas n’est capable de réagir intelligemment. C’est à peine croyable, mais c’est pourtant la triste vérité et l’un des multiples volets des résultats programmés de la mondialisation despotique du pouvoir de la haute finance internationale. Le drame de ce pays reste et demeure la mauvaise répartition du savoir, du pouvoir et de l’avoir. L’obtention des prêts de complaisance dans les organismes de microcrédit est une affaire de famille. Dans ce secteur, le degré de compromission des responsables a atteint un niveau tel qu’un jour ils devront presque tous s’expliquer devant un juge d’instruction. Les esprits rétrogrades d’un régime cynique entendent maintenir la majorité de leurs compatriotes dans la pauvreté, afin de permettre à la minorité qu’ils incarnent de vivre dans le luxe, le confort et la jouissance des privilèges étatiques.

Par le biais du népotisme qui domine les attributions des marchés publiques, les bandits en col blanc se pavanent dans les endroits chics. Ils ne daignent même plus cacher leurs signes extérieurs de richesses. L’exemple le plus typique est le cas Mamy Ravatomanga, cet affairiste proche d’Andry Rajoelina. Sa présence en tant que membre des conseils d’Administration d’AIR MADAGASCAR, MADARAIL, LOGISTIQUE PETROLIERE et JIRAMA lui donne droit à des privilèges abusifs dans les octrois des marchés publics. Sous le couvert de sa propre entreprise dénommée SODIAT, il jongle sur des royalties qui se chiffres à des millions d’Euros. Les prouesses financières récentes de Jeanne Davidson Raolimalala au détriment de KRAOMA avec transfert illicite de 1.545.000,-Euros vers un compte numéroté de STANDARD BANK, au bénéfice de MINERAL GEMS INTERNATIONAL COMPANY à l’île Maurice, le 13 décembre 2009 illustrent bien le niveau d’implication de personnalités très hauts placées au niveau de la Présidence de la Transition et celle du ministre Mamy Ratovomalala. Au mépris des principes les plus élémentaires de l’orthodoxie financière des lingots d’or et des fortes sommes en devises quittent le pays vers des comptes discrets à l’étranger. Parmi les dirigeants éclaboussés par ces pratiques répréhensibles les noms de personnalités très en vue figurent en bonne place. Et le jour, qui ne saurait tarder, où les corbeaux qui ont débusqué les documents compromettants seront face à la presse, des têtes vont sûrement tomber. Sauf haute protection complice…

J.R