Le folklore, des promesses et du vent…

Très souvent, pour endormir l’opinion et leurrer la patience de tout un peuple, les hommes politiques n’hésitent pas à le gaver de belles promesses tout en lui faisant croire que demain, en 2013 ou 2015, le pays vivra un monde meilleur de l’abondance, de confort et des nuits sans délestage. Le comble c’est qu’ils rivalisent de prouesses dialectiques pour annoncer des matins radieux effectivement…pour les personnages intéressés et cupides qu’ils sont presque tous.

En attendant un hypothétique décret qui tarde à paraître dans un journal officiel virtuel, les mendiants deviennent de plus en plus pauvres. Des patriotes traités comme le dernier des malfaiteurs croupissent dans les pires pénitenciers. Ironie du sort, au nom d’une solidarité corporatiste aveugle des magistrats déclarent à la face du monde entier qu’ « Il n’y a pas d’Etat à Madagascar ». Comme s’ils oublient tous, que certains d’entre eux prennent un malin plaisir à envoyer de façon systématique en prison Ezekiela, des lampistes et des boucs émissaires. Alors que les pilleurs des ressources nationales festoient et font ripaille en grandes pompes avec les dirigeants. Dans aucun des discours soporifiques de ces quatre jours d’agapes coûteuses, aucune des questions brûlantes qui préoccupent les 20 millions d’habitants de cette île n’a été sérieusement abordées. Chacun à son tout, les orateurs n’ont cherché qu’à faire montrer d’une éloquence séductrice ou d’une singularité partisane…. Un baron du régime affirme avec la conviction d’un parvenu que « les discours prononcés par les différentes personnalités à l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux reflètent réellement la situation qui prévaut à Madagascar(…) ». Il ne semble pas réaliser que son credo fait état d’une vision complice perçue à travers les verres déformants de ses lunettes. Les progressions constatées jour après jour par ceux qui vivent dans leur chair et dans leur âme les drames nés de cette transition honnie sont à l’antipode des visées prévus « conformément aux termes » de la feuille des…doutes. Et dire qu’il existe encore des gens qui s’imaginent qu’au nom d’on ne sait quelle Démocratie perverse il faut restreindre l’exercice de la liberté d’expression. Qui veut nous faire croire que les muselières ne sont pas faites pour les chiens mais pour les journalistes ? Et que dans ce pays où, même la Place bien nommée qui a permis à Andry Rajoelina d’arriver au pouvoir est décrétée tabou par simple décision de quelques apprentis sorciers. On confie ensuite à une assemblée communale le soin d’avaliser l’abus sous la forme d’un arrêté scélérat. C’est pour vous dire que tout va de travers sur toute l’étendue de la Terre des Ancêtres. Sinon pourquoi dans les allées et les coulisses des palais, les quelques cicérones, éminences grises et autres eunuques tremblent-ils à tel point que certains auraient fait caca dans leur culotte. Parce qu’un Albert Zafy qui enrage de « désespoir » à cause de la « vieillesse ennemie » s’est mis en tête de vouloir crever un abcès, (avec des gerbes de fleurs) lui qui s’y connaît en chirurgie ? La cérémonie devra se dérouler, jour pour jour 3ans après l’inauguration du lieu dit par Andry Rajoelina. Héros du jour ce dernier en 2009, réagissant à l’arbitraire de la fermeture de la station radiotélévision VIVA déclare la guerre à la dictature. S’en souvient-il encore ? Le doute est permis lorsque des indiscrétions émanant des milieux officiels confient que des mesures draconiennes seront prises pour empêcher la cérémonie commémorative d’avoir lieu et l’ancien Président de la République d’y participer. Comment a-t-on pu être atteint d’une pareille amnésie paranoïaque aggravée par une cécité intellectuelle ? Dommage ! Si les dirigeants de la Transition s’amusent à jouer les trouble-fête et ordonnent aux forces de l’ordre d’opter pour la répression, alors il faut s’attendre à choc des idées aux conséquences imprévisibles et difficiles à maîtrise par la suite. Avec de tous les foyers de tensions sociales qui n’attendent qu’une étincelle pour s’embraser, l’explosion est inévitable.

AVEUGLEMENT

Il y a pire, dans les casernes, des militaires en colère grondent. Aveuglés par les généreux subsides qui leurs sont alloués en douce et autres avantages exorbitants, les généraux encore étourdis par une pluie d’étoiles d’une récente promotion refusent de croire que les troupes sont désormais complètement « séparés de leurs chefs ». Faisant plutôt confiance aux sous-officiers, les simples soldats refusent d’accepter que les grands responsables vivent dans le luxe et l’opulence. Alors qu’eux, ils font de la survie dans la misère comme le commun des mortels. Aux yeux des observateurs étrangers la partie malgache toute entière (les détenteurs actuels des leviers de commande surtout d’abord) doit continuer « à persévérer sur la voie du consensus, de l’entente et pourquoi de la réconciliation » si l’on veut réellement « réintégrer la communauté internationale et bénéficier de son soutien ». Sinon, il ne serait que vanité de s’attendre à « une reconnaissance nette et franche de la part de ses partenaires internationaux » Parce « que ce qui a été réalisé jusqu’ici est nécessaire mais insuffisant » Et quand‘ « les atermoiements, les faux-fuyants et les revirements » s’ajoutent aux tares de « la politique du fait accompli et de la précipitation » nuisible, force est de constater que les consultations électorales ne peuvent être qu’une succession rendez-vous manqués prévisibles. On ne peut rien espérer d’un système qui refuse d’emprunter les sentiers la bonne foi pour préférer rouler à tombeau ouvert sur les boulevards des trafics et activités illicites (commerce du bois de rose, de l’uranium et de l’or en contrebande …) Les recettes perçues à partir des minerais de Soalala et auprès des compagnies minières restent et demeurent des tas de secrets côtés secrets d’Etat( ? ) …

QUESTIONS DE VIE ET DE MORT

Que sont-ils devenus ces milliards de dollars et d’euros et vers quelles banques discrètes furent-ils pris en compte aux noms d’on ne sait quels personnages en bonne place au sein du pouvoir transitoire ? Qui peut justifier l’origine inexpliquée des ces acquisitions immobilières hors frontières et ces signes extérieurs d’une richesse bien sûr mal acquise ? On en voulait à Marc Ravalomanana d’avoir abuser du patrimoine étatique, mais que dit-on de ces prises de participations (de complaisance et de complicité) dans les compagnies nationales (AIRMAD, MADARAIL, SONAPAR, BMOI…) Qui peut s’arroger de la sorte, à titre putatif, des droits de disposer et de profiter des biens de l’Etat, pour le profit de ses propres intérêts personnels et en faveur des copains-coquins. ? En plein période de transition, comment peut-on se permettre d’engager la République dans des conditions aussi préjudiciables alors que personne n’a été élu dans le cadre d’un ordre constitutionnel légitime et légal pour décider avec autant de pouvoirs ? Au fait, comment peut-on faire preuve de tant d’insolence avers les administrés, alors que la capacité d’honorer les créances à payer aux pitoyables caissiers du secteur privé reste à prouver? Pour répondre aux doléances des entreprises, Andry Rajoelina en personne avait avoué que le paiement des arriérés de l’Etat vis-à-vis des entreprises « sera étudié ». Et pour les rassurer davantage, il a promis aussi des éoliennes. A bon entendeur, le salut n’est pas encore pour demain, si l’on croit ces mauvaises langues qui égrènent toute une liste de sociétés qui sont obligées de fermer boutique. Elles ont fait preuve de trop de naïveté en se lançant dans le sillage des « VARY MORA, des TRANO MORA et d’autres chimères bon marché ! Les sources généralement bien informées sont catégoriques : le miracle tant attendu des mannes susceptibles d’être générées par l’obtention de l’AGOA dépendent encore de plusieurs facteurs non négociables qui font toujours défaut en l’état actuel de la bonne gouvernance à Madagascar. Donc, entre la mise en place des mesures concrètes domestiques et l’avènement de la relance économique, il y a lieu de faire preuve de patience et pourquoi pas d’une crédulité suicidaire. Tout est conjugué au futur simple au pays de cette pénible crise dont l’élasticité ne peut qu’arranger une bande de privilégiés de la jouissance des prérogatives étatiques. Et ce n’est pas une série de cérémonies de vœux pieux qui ressemble un peu trop à des actes d’allégeance à peine déguisés qui provoquera des miracles. Pour faire le bonheur d’un peuple il faut plus, et surtout moins de faste et de frime. Le paraître ne pourra jamais cacher ces pauvres gens qui se restaurent à la poubelle du quartier alors que le pays est riche immensément riche. Scandaleux ! Non ?

Il n’y a pas de « malédictions des ressources » qui tiennent, on a des mauvais citoyens et des larrons au pouvoir. Ils font tout pour que ce jeune Président d’une Transition ne voie pas l’envers du décor. Et vogue la galère ! Tout le monde il est beau. Tout le monde il est gentil. La pauvreté, connais pas ! C’est la vitesse grand V.

RALAHY MARTIAL.