La HAT veut-elle vraiment sortir Madagascar dela crise?

A en croire les dernières signatures de la HAT, la réponse est sans équivoque : « Non, Non, et Non... » Elle a déclenché cette crise en 2009 sous couvert d’un appel à la démocratie et depuis elle a tout fait pour que le pays s'enfonce et que les libertés disparaissent. Voilà la vérité, preuve à l'appui, osons l'écrire... Le 16 septembre 2011, Andry Rajoelina fait signer la feuille de route autorisant le retour des exilés politiques, en vue de rechercher une solution durable ! Pas plus tard que le lendemain, le 17 septembre 2011, son gouvernement lance un Mandat d'arrêt contre un ancien président, dont l'autorisation du retour est stipulé noir sur blanc dans la feuille de route... Mais ce mandat d'arrêt, préparé et signé presqu'au même moment que le feuille de route n'est pas la seule "bizarrerie" qui caractérise la démarche. Elles sont légions !

Les Notam à gogo pour des présidents élus

Depuis Maputo III, la HAT a démontré sa volonté de fouler aux pieds les plus élémentaires des droits de l’homme, et de se moquer de L’article 13.2 de la déclaration universelle stipule que : « Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays ». Or, la HAT s’est permise de brandir des Notam à l’endroit des membres des délégations des trois mouvances, invités, s’il vous plaît, par le Groupe international de contact sous la houlette de Joachim Chissano mandaté par l’ONU, l’UA, l’OIF et la SADC. Et depuis, les Notam pleuvent du côté de la HAT. Notam contre Zafy Albert, Notam contre Didier Ratsiraka, Notam contre Marc Ravalomanana… qui contrairement à Andry Rajoelina sont des présidents élus… Le 15 septembre 2011, veille de la signature de la Feuille de route, un Notam contre Marc Ravalomanana a fait la Une de l’actualité… Mais comme c’est certainement une peu léger, le lendemain est venu le mandat d’arrêt !

Extrait NOTAM 15 septembre
FMMMYNYX
(A0910/11 NOTAMR A0909/11
Q)FMMM/QXXXX///AE/000/999/1848S/04729E002
A)FMMM B)2011-09-15 15:00:00 C) 2011-12-15 23:59:00
E)ACCORDING TO INSTRUCTIONS FROM THE HIGH AUTHORITIES - NAMELY
THE PRESERVATION OF PEACE AND AVOID ANY POSSIBLE CONFRONTATION
BETWEEN POPULATION - OPERATORS ARE ASKED NOT TO EMBARK MR. MARC RAVALOMANANA AND COMPANY

La feuille de route qui intronise un putschiste !

En émettant ce mandat d’arrêt, presqu’au moment où il signe la feuille de route, Andry Rajoelina et sa cour envoient un message explicite à ceux qui ne l’ont pas compris : « Qu’importe ce qu’en pensent le peuple, la communauté internationale, le monde entier… moi, Andry Rajoelina, ai fait un putsch pour être le président et détenir le pouvoir » ! Et pour ce faire, force est de constater qu’il est prêt à ne prendre dans la feuille de route que la partie qui l’intéresse et qui épouse son souhait exprimé depuis le début de cette crise ! L’amendement qui aurait pu rendre cette feuille de route crédible en vue de la recherche d’une solution effective à la crise a été signé mais renié illico, comme d’habitude !!!

Ainsi donc, Andry Rajoelina renie le retour des exilés, la parole donnée, il renie encore une fois sa propre signature, peut-on répéter, come d’habitude ! Et avec la complicité des « faux médiateurs » il continue à imposer son unilatéralité, en protégeant bien ses acquis personnels inscrits noir sur blanc dans cette même feuille de route… Hélas, le fruit de deux ans de crise qui pénalisent durement le peuple malgache n’est autre que l’intronisation d’un putschiste à la tête de l’Etat !  Voici, un extrait de cette intronisation:

1-     Paragraphe 3 de la feuille de route : Andry Nirina Rajoelina est le président de la transition

2-     Paragraphe 5 : Il nomme le Premier Ministre

3-     Paragraphe 6 : Il nomme les ministres

4-     Paragraphe 7 : Il nomme les membres de toutes les institutions : Congrès de la Transition, Conseil Supérieur de la Transition,

5-     Paragraphe 7 : Il nomme les membres de la Commission Électorale « Indépendante » (équivalent de la Haute Cour constitutionnelle)

Andry Rajoelina, avec un putsch, se retrouve avec des pouvoirs qu’aucune République n’avait osé, et n’oserait donner à un chef d’état, qu’aucun royaume ne cèderait à son monarque, qu’aucune démocratie n’instituerait dans sa République…

Alors on repose la question, la HAT veut-elle vraiment sortir Madagascar de la crise ?

À l’unanimité, de manière inclusive et consensuelle la réponse est NON, NON et NON ! Madagascar, le Malgache, la Démocratie… c’est le dernier de ses soucis !