L’échec de Gaborone est la victoire de la République !

Les 6 et 7 juin dernier, 11 associations, mouvances et partis politique se sont retouvés à dans la capitale du Botswana pour discuter de la crise à Madagascar. Pourquoi 11 entités malgaches se retrouvent-elles à Gaborone pour discuter de la feuille de route de sortie de crise de Madagascar ? Le chiffre ne nous est pas expliqué.

Sortie de Route…

Pour la petite histoire, rappelons tout d’abord que le 08 Mars dernier, 500 associations et partis ont paraphé cette fameuse feuille de route dont certains ne représentaient qu’eux même et/ou leur famille au maximum, et des signataires non reconnu par le parti qu’ils se sont autoproclamé représenter.

Ensuite, ce sont le FFKM, le CNOSC, les Raiamandreny Mijoro, le FINONA et autres membres de la société civile qui ont contribué à son élaboration, et qui sont garants de son application…. Or, ils ne faisaient pas partis des « onze de Gaborone ». Aucun d’entre eux n’était présent, ni représenté !!!

Enfin, par respect pour tous ceux et celles qui en allant voter ont fait progresser la démocratie à Madagascar, rappelons pourquoi cette feuille de route de sortie de crise, dans l’état, n’en est pas une : elle octroie tous les pouvoirs nommément à Andry Rajoelina qui se retrouve couronné de l’exécutif, du législatif et du judiciaire. Il nous tient à cœur de préciser que Andry Rajoelina n’a pas paraphé la feuille de route ! Il n’en avait pas besoin elle lui était adressée…

La Démocratie en action…

Cette feuille de route n’est ni un traité ni un accord mais s’arroge le droit d’annuler et de remplacer dans son article 30 « tous les engagements pris ou signés antérieurement concernant la transition à Madagascar ». Mais surtout elle ne respecte ni les Accords d’Alger, ni de Cotonou, en déclarant, Andry Rajoelina – un putschiste – Président de la Transition et nommé Chef d’Etat (cf. Article 3).

Parmi les 11 entités présentes à Gaborone, 8 (sans compter les mouvances Zafy, Ratsiraka et Ravalomanana qui parmi tant d’autres partis et associations -- ces derniers non représentés à Gaborone -- n’ont pas paraphé la feuille de route) étaient venues dans l’objectif de cautionner la feuille de route sans concession. Alors, souffrez que nous avouons, et cela en respectant les efforts de la SADC, que selon ce qui a été démontré, l’échec de Gaborone est la victoire de la République, de la démocratie !!!

Parole, Parole, Parole…

Il est de notre devoir de citoyenne d’appeler à la vigilance et de souligner après deux pénibles années du Régime Rajoelina que c’est désormais pour ce putschiste et son entourage une habitude… Putschite tu es Putschiste tu resteras !

Si Madagascar a perdu l’AGOA, si Madagascar a perdu le 11ème FED et a ainsi vu des centaines de milliers de malgaches s’enfoncer dans la pauvreté… si Madagascar est en mal de reconnaissance internationale c’est du fait que le pouvoir putschiste ne tient pas parole !!! Andry Rajoelina ne tient pas parole… Lui et son entourage n’ont pas non plus respecté la parole des malgaches exprimée par les urnes, en foulant aux pieds les résultats des élections présidentielles de décembre 2006, ils n’ont pas respecté les urnes qui on parlé contre leur simulacre de constitution le 17 septembre 2010, ils n’ont pas respecté leurs propres paroles, encore et encore, en signant les accords de Maputo I, Maputo II et l’Acte additionnel d’Addis-Abeba dont ils ont enfreint l’application et ils n’ont de cesse de piétiner la déclaration universelle des droits de l’homme !!!

C’est dire que l’accord verbal que Monsieur Rajoelina s’est laissé arracher à Gaborone -- qu’il laisserait rentrer les anciens présidents actuellement en exil -- est aussi ferme et crédible que sa parole.

Cette réunion de Gaborone est pour nous pour l’avoir vécue la victoire du droit, la victoire de la démocratie et celle des voix passées, présentes et futures des urnes que représentent nos trois derniers présidents élus.

Des sanctions contre le vol et les abus de la HAT…

Aussi ne pouvons-nous que saluer la décision du 12 juin 2011 de la SADC à Sandton de faire des amendements à la feuille de route et nous soutenons avec force et conviction la requête de l’ACP-UE pour que des mesures plus fermes à l’encontre des assassins de la démocratie, et espérons ce sera enfin une voie vers la mise en application des Accords déjà signés qui pourront être les garants d’élections libres, équitables et transparentes dans notre pays qui n’a que trop vu de transitions.