Qui bloque la sortie de crise ? Des hommes de la « présidence »… et le « président » de la HAT

Première analyse :

La sortie de crise bloquée par les proches de la Présidence…

Deux ans après le putsch de Andry Rajoelina, Madagascar s’enfonce dans le non droit, son seuil de pauvreté atteint le fond de Danaïde et la démocratie y est aussi absente que la liberté. Ce peuple si fier et qui tirait orgueil de son originalité ne peut qu’en avoir honte aujourd’hui. L’originalité que tout le monde retient aujourd’hui c’est que Madagascar a un DJ à la tête de l’état et qu’il fait danser tout le monde au son de son jam improvisé en fonction de la direction du vent et de ceux qui l’écoutent. Et pendant ce temps, la sortie de crise semble s’éloigner, … les langues se délient, on avance  qu’on veut la retarder voire la bloquer !!!

L’interview de Paul Rafanoharana, conseiller diplomatique de Andry Rajoelina qui a fraîchement démissionné, réalisé par l’Express de Madagascar informe des causes partielles du blocage de la sortie de crise. Selon cette vision, Andry Rajoelina s’est entouré de personnes qui ne veulent maximiser que leurs profits personnels, qui considèrent l’État comme leur chasse gardée. Voici quelques extraits de cette interview !

L’Express de Madagascar : Mais pourquoi avez-vous tant gêné (les proches du Président, ndlr)?

Paul Rafanoharana : Ce n’est pas à moi qu’il faut le demander. J’imagine que ma ligne de conduite pouvait déranger ceux qui considèrent l’État comme leur chasse gardée.

L’Express de Madagascar : Pourtant, tout le monde au sein de la Présidence devrait vouloir aller vers la reconnaissance internationale…

P. R. : Ne nous trompons pas. Il y a ceux, nombreux, qui estiment qu’en l’état actuel des choses, le régime de transition devrait obtenir la reconnaissance internationale, et ceux, dont je fais partie, qui considèrent que cette reconnaissance est conditionnée par l’adoption de mesures d’apaisement par le régime de transition. C’est là où ma position heurte celle d’acteurs qui maximisent leurs intérêts personnels. Par mesures d’apaisement, j’entends la prise en compte des intérêts des mouvances, la révision d’une feuille de route plus équilibrée que celle validée par le Docteur Simao, l’instauration d’un cadre électoral exemplaire afin que des élections puissent se tenir dans des conditions acceptables…

 

Seconde analyse :

« Depuis Maputo: C’est Andry Rajoelina qui retarde et bloque la sortie de crise ! »

La sortie de l’interview de Paul Rafanoharana a suscité des réactions qui attestent que sans minimiser l’influence nocive de ses proches et des luttes d’influence qui l’emprisonnent, il est malhonnête de leur attribuer à eux seuls l’échec de la sortie de crise : « Depuis Maputo à ce jour, c’est Andry Rajoelina qui bloque la sortie de crise ! »

Maputo 1 :

L’euphorie règne après la signature des accords de Maputo. Mais foulant au pied son engagement par les Accords politiques qu’il avait demandé à inclure dans les négociations ; Andry Rajoelina procède à un remaniement et reconduit sans consensus ni consultations son premier Ministre et compagnon d’armes de la place du 13 mai : Monja Roindefo…

Maputo 2 :

Le clan de la HAT conduit par Andry Rajoelina est venu en force pour re- et re- et re-négocier la répartition de postes ministériels du Gouvernement de Transition… L’histoire nous dira que ce fut du temps et de l’énergie perdus, car une fois rentré à Madagascar, pour bien plomber la sortie de crise, Andry Rajoelina finit par refuser toutes les propositions des autres mouvances pour les portefeuilles ministériels qui leur ont été attribués à Maputo. On notera spécialement son refus de considérer toutes les propositions de Premier ministre de la mouvance Ratsiraka…

Addis-Abeba :

Il claque la porte des négociations, car les protagonistes s’intéressent plus à la question du financement  du développement (10ème FED) que Madagascar risque de perdre qu’à son statut volé de « Président ». La crise sociale et économique n’est vraisemblablement pas sa priorité ! Il reviendra le lendemain, et osons l’écrire, comme d’habitude il signe l’acte additionnel d’Addis-Abeba, acceptant la mise ne place de la Coprésidence de la Transition… Mais une fois rentrée au Pays, il freine et bloque la sortie de crise en évinçant ses co-présidents et en les empêchant de travailler. Pire ! Il empêche – manu militari – la mise ne place du Congrès de la Transition, faut-il le rappeler, dont il a signé l’institution.

Maputo 3 :

Il refuse purement et simplement l’invitation du Groupe International de Contact boudant jusqu’au dernier jour d’y participer. Et faisant un pied de nez à la déclaration universelle des Droits de l’homme, il interdit à tous les Malgaches (toutes délégations confondues),  qui ont honoré l’invitation du GIC sous l’égide de l’ONU de rentrer à Madagascar, leur pays natal. NOTAM ci-joint

Pretoria :

La venue de Andry Rajoelina et de sa suite à des réunions sur Madagascar a été vue et interprétée comme faisant partie de son plan dont l’objectif était de gagner du temps pour que sa Transition, et les gros business qui vont avec puissent durer… Après avoir promis une prochaine rencontre à la sortie de cette réunion à Pretoria … le monde attend toujours de revoir Andry Rajoelina et sa suite autour d’une véritable table de négociation, pour une véritable sortie de crise…